Réformes de la Cémac : une urgence absolue pour les gouvernements

/Ph. Goldégué / ATPE
La 14ème session ordinaire de la Conférence des chefs d’Etats de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cémac) s’est tenue le dimanche, 24 mars 2019, à l’hôtel Radisson Blu de N’Djamena. C’était sous la présidence du président de la République du Tchad, Idriss Deby Itno, en présence des chefs d’Etat Denis Sassou Nguesso du Congo, et Faustin Archange Touadera de la République Centrafricaine. Les présidents des Républiques du Gabon, du Cameroun et de la Guinée équatoriale étaient représentés par leurs premiers ministres.

Placée sous le thème « redynamiser l’intégration régionale et restaurer la sécurité en zone Cémac pour le renforcement des réformes économiques », la 14ème conférence  des chefs d’Etat de la Cémac s’est tenue au moment où les Etats se remettent peu à peu d’une crise économique des plus sévères. « La politique monétaire est devenue plus efficace et grâce à l’action de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (Béac), l’érosion dangereuse des réserves de change a été enrayée. Le marché commun a été renforcé notamment grâce à l’effectivité de la libre circulation des personnes dans l’intégralité de l’espace communautaire » s’est réjoui le président de la Commission de la Cémac, le Pr Daniel Ona Ondo. Pour ce dernier, il faut en finir avec le paradoxe des pays dotés d’énormes richesses naturelles mais caractérisés par des indicateurs de développement humain dignes de pays pauvres.

« Aussi louables soient les initiatives en matière de relèvement économique et de développement, leur succès ne se conçoit que dans un environnement qui consacre la paix, la stabilité des institutions et la sécurité des Etats », a relevé en outre le Pr Daniel Ona Ondo. A ce niveau, selon le président de la Commission de la Cémac, la faiblesse des performances macroéconomiques et sociales des Etats de l’Afrique centrale s’explique par l’insécurité qui semble s’incruster durablement dans la sous-région. Dans ce sens, tout doit être fait pour restaurer de manière durable, les conditions de stabilité et de sécurité dans les pays. D’où l’impérieuse nécessité d’éradiquer le terrorisme dans la sous-région du Lac Tchad.

Des avancées à relever

Dressant le bilan de son mandat à la tête de l’institution suprême de la Cémac, le président en exercice sortant, Idriss Deby Itno a reconnu qu’en dépit du contexte particulièrement difficile que connaît la sous-région, des actions concrètes pour lesquelles des avancées tangibles ont été enregistrées sont engagées.  Le chef de l’Etat cite entre autres : la mise en œuvre effective de la libre circulation des personnes dans l’espace CEMAC ; la Stabilisation des Services de la Commission dans l’une des capitales de la Communauté, afin de mettre un terme à la situation d’errance qui persiste depuis 2013 ; la nomination et l’installation des membres de la Commission de la CEMAC ; l’installation des Juges de la Cour de Justice et de la Cour des Comptes Communautaires.

Une vue partielle des participants /Ph. Goldégué / ATPE

Selon rapport sur l’état d’exécution de la feuille de route du président en exercice de la Conférence des chefs d’Etat de la Cémac , grâce au concours des partenaires techniques et financiers, des actions non négligeables ont pu être menées et achevées. D’autres actions se poursuivent. Le rapport conclut que « la feuille de route du président en exercice de la Communauté a été mise en œuvre avec un succès qu’ont toutefois limité la persistance de la rétention de la TCI et la faible mobilisation des financements extérieurs ».

Aller vers une dynamique

Aux termes du communiqué final, s’agissant de la finalisation des réformes institutionnelles de la Cémac, la Conférence a décidé de l’élection des députés au Parlement communautaire de la Cémac au suffrage universel indirect et de l’autonomisation des écoles communautaire. Elle a en conséquence invité la Commission à lui présenter, à sa prochaine session, les modalités d’organisation de cette élection. En ce qui concerne la mise en œuvre de la libre circulation des personnes en zone Cémac, la Conférence des chefs d’Etat a adopté la Politique commune d’émigration, d’immigration et de protection des frontières de la Cémac. A cet égard, elle a instruit le président de la Commission de la Cémac, d’une part, d’accélérer l’application de l’Acte additionnel portant suppression de visa pour tous les ressortissants de la Cémac circulant dans l’espace communautaire et, d’autre part de mener des actions vigoureuses pour la mise en œuvre de ladite politique. S’agissant du financement de la Communauté, la Conférence a appelé les ministres des finances à une stricte application du mécanisme autonome de financement de la communauté et de procéder, au plus tard le 31 décembre 2019, l’apurement de l’intégralité des arriérés dus au 31 décembre 2018 par les Etats, tout en recommandant une amélioration de la gouvernance au niveau de l’ensemble des institutions communautaires.

En clôturant les travaux le chef de l’Etat, Idriss Deby Itno a affirmé que, la poursuite des réformes et la mise en œuvre optimale  des actes forts qui ont sanctionné  ce sommet  ainsi que les résolutions antérieures  sont une urgence absolue pour l’ensemble des gouvernements. « Il revient aux  premiers décideurs politiques que nous sommes de tracer la voie du renouveau et de redonner espoir et confiance à toute la communauté ainsi qu’à nos partenaires qui accompagnent nos efforts de développement », conclut-il.  Au titre des mesures individuelles la conférence des chefs d’Etat a entériné la nomination de Bemba Beral au poste de secrétaire général permanent du Système de la Carte rose Cémac. C’est le président camerounais, Paul Biya, qui succède au chef de l’Etat, Idriss Déby Itno, en tant que président en exercice de la Cémac.

Rondouba Brillant

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here