Union Africaine : Moussa Faki Mahamat, candidat soutenu par tous

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Élu Président de la commission de l’Union africaine (UA) le 30 janvier 2017 à Addis-Abeba, siège de l’UA, Moussa Faki Mahamat est cette fois unique candidat à sa propre succession pour un autre mandat de quatre ans. A son arrivée à la tête de l’Union Africaine, il s’est fixé comme objectif la reforme institutionnelle et financière de l’organisation et la création de la Zone de libre échange continentale. Avec pour toile de fond l’atténuation des conflits, même le pari de faire taire les armes en Afrique peine à se concrétiser. L’annonce de sa candidature a amené la direction du Journal en ligne à se rapprocher du Directeur Général du Ministère des Affaires Étrangères, Fadlassid Ali Naffa, qui vient de rentrer d’Addis-Abeba ce 24 janvier 2021.

ATPE : Monsieur le Directeur Général, pouvez-vous nous en dire plus sur la candidature de Moussa Faki Mahamat?

Fadlassid Ali Naffa : Son Excellence Monsieur le Président de la Commission de l’Union Africaine, Moussa Faki Mahamat, notre compatriote que vous connaissez tous, a fait ses preuves ici au niveau du ministère des Affaires Étrangères pendant presque neuf années. Sa candidature a été reconduite pour des raisons bien évidentes qui se basent sur le travail qu’il a entamé pour conduire la réforme. Cette mission est extrêmement difficile mais, il a su la conduire dans des très bonnes conditions,. Il est un homme de qualité, un homme très compétent, très sérieux et très direct dans ses propos et je pense que sa candidature a été souhaitée par plusieurs pays.

Ce deuxième mandat est dû au fait que tout le monde se dit que si jamais le reste de la réforme n’a pas été conduite par l’actuel président, « bye bye » la reforme parce que, les ennemis de la reforme sont très nombreux, très puissants mais malgré les actions qu’ils mènent pour torpiller cette réforme, il a su maintenir le cap et il a su conduire l’AU au bon port. Que ce soit au niveau de l’agenda 2063, ou soit au niveau des autres objectifs, l’avancée est vraiment ressentie par tout le monde. C’est à cela que tout le monde se dit si le Tchad ne présente pas son candidat pour un deuxième mandat, un autre ne pourra pas finaliser la réforme ; du fait que nous avons fait un travail très costaud, qui a atteint un niveau très important.
Pour eux, un nouveau président qui sera élu mettra au moins un an et demi pour comprendre les structures internes avant de se pencher réellement sur les questions d’avancées et là, la réforme aurait déjà pris un retard donc cette réélection est vraiment stratégique. C’était pour cette raison que beaucoup de pays talonnait le Tchad pour lui demander de présenter son candidat pour un deuxième mandat. Moi j’étais interpellé à mainte reprise à Addis par mes collègues ambassadeurs, par les doyens régionaux et même au niveau de notre sous-groupe régional Afrique centrale. Les pays étaient très excités sur ce point et cela nous a permis de précipiter les choses pour présenter notre candidat. Heureusement avant que je ne vienne ici au pays, la réponse nous a été donnée et nous avons transmis la sollicitude du Tchad pour un deuxième mandat pour le président actuel de l’UA. Cette décision a ravi toute la collectivité au niveau d’Addis-Abeba.

ATPE : Monsieur le Directeur Général, vous êtes revenus plusieurs fois sur la réforme, peut-on avoir une idée sur les reformes engagées par la Président ?

Fadlassid Ali Naffa : Il faut d’abord commencer par la structure, le squelette même de l’UA. Il a été décidé qu’il y ait un président, un vice- président et les cinq(5) commissaires au lieu de huit(8) commissaires. Cette réduction permet de rendre le personnel beaucoup plus efficace dans le cadre du travail par rapport à une pléthore de personnel d’une part et ça réduit aussi les charges d’autres part. Au niveau des autres instances comme le NEPAD qui est devenu une instance jumelée. Il faut avoir le maximum de contribution, le maximum de fonds pour faire sa politique mais si les contributions ne sont pas à la hauteur et on demande souvent aux partenaires de compléter ou bien, de participer jusqu’à un certain niveau, il est évident que nous n’aurions pas une certaine indépendance de décision. Et dire que dans la logique actuelle, l’UA se veut toujours un creuset et qui va ramener tous les Etats à parler d’une seule voix sur toutes les questions d’ordre international. Même sur toutes les candidatures au niveau des autres instances des Nations Unies, il va falloir parler le même langage sur les grandes décisions  et puis se présenter aux Nations Unies avec des candidatures endossées par l’UA pour dire que ce sont les candidatures de l’Afrique.

ATPE : Pensez-vous que cette vision peut être atteinte, d’autant plus qu’on reproche à l’UA l’individualisme des pays membres ?

Fadlassid Ali Naffa : l’un des objectifs de la réforme c’est arriver à une synergie d’action et d’esprit. Mais quelques rares pays échappent encore à cette règle. Le cas du Djibouti et du Kenya en est révélateur. Les efforts et scénarios d’arrangement de conciliations engagés pour qu’un seul pays puisse présenter sa candidature et endossée par l’UA, non pas été respectés.  Ce qui a obligé les pays à venir au vote pour les départager. Malgré le vote, ils sont partis de manière séparée aux Nations Unies. Ça veut dire le travail qui a été fait par  l’UA a  été remis en cause et c’est dommage.

ATPE : Le défi majeur de l’UA est de garantir la sécurité de sa population et stabiliser les pays membres par rapport à la montée du terrorisme et le Conseil de sécurité des Nations Unies interpelle l’UA à la solidarité collective pour une lutte efficace.   Quelle serait la stratégie qui sera mise en place par le Président afin de relever ce défi ?

Fadlassid Ali Naffa : L’année dernière le thème retenu est « faire taire les armes en Afrique » L’une des questions majeures de l’UA est liée à la sécurité. Ce thème est d’actualité et je pense que si nous tenions vraiment à cela, l’Afrique prendra son envol et conduira cette dernière vers la paix et la sécurité. Je pense que ce thème sera reconduit ; je ne le confirme pas mais la tendance est vers la reconduction. Avec le Covid-19, toutes les actions ont été bloquées. Il y a des fortes chances pour reconduire ce thème. Dans la même lancée, il a été mis sur pieds une Force Mixte Multinationale Africaine (FMMA), c’est effort de plus à mon avis. Il y aura une action conjuguée de l’Afrique vers la paix et le développement grâce à la concrétisation de la Force Africaine en Attente (FAA).

ATPE : Votre mot de la fin par rapport au candidat Monsieur le Directeur Général.

Fadlassid Ali Naffa : Moussa Faki Mahamat, c’est celui-là qu’il faut pour l’UA, pendant cette période jusqu’à l’aboutissement total de la réforme. Le souhait que je formule est que le Tchad brille à travers ses représentants au niveau des organisations internationales, car il est un pays qui est très respecté du point de vue militaire, de ses dirigeants politiques en occurrence le Maréchal du Tchad Idriss Deby Itno. Il enest de même pour toutes les personnalités qui sont désignées pour représenter le pays dans les Organisations internationales.  Récemment j’ai été au sommet de la CEAC où les Tchadiens font leur preuve. Aujourd’hui on se félicite pour notre représentation à l’extérieur et tous ceux qui sont là-bas portent toujours haut le drapeau du Tchad etc’est une fierté.

Interview réalisée Par Dénémadji Némerci et Justine

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