PEAN : « Les latrines familiales et scolaires, une réussite »

Dans cette interview réalisée avec le chargé de communication du Projet de renforcement de l’accès à l’eau et à l’assainissement de N’Djamena, Saleh Tchere, nous faisons le point sur les grandes réalisations, les réussites et les leçons tirées.

Comment peut-on décliner le projet PEAN ?

Le Projet eau et assainissement à N’Djamena, correspond au volet 1 du projet de l’Union Européenne « Initiative OMD : eau potable et assainissement ». Dans ce cadre, quelques importants ouvrages d’assainissement ont été mis en place dans la zone qui couvre cinq quartiers à savoir : N’Djari, Dar Es Salam, Zafaye Ouest et Angabo I et II. Les bassins de rétention d’eau aménagés dans les quartiers Dar Es Salam (Sud) et Angabo (Nord), les canaux  de drainage des eaux pluviales « intermédiaire et aval » long de 5,6 km, traversant tous les quartiers cités ci-dessus,  les stations de relevage construites à Angabo et celle réhabilitée et renforcée à Lamadji  ainsi que les 25 bornes fontaines construites dans les quartiers reculés des  communes des 7ème et 8ème arrondissements  contribuent à nos jours, au développement harmonieux de cette zone, naguère réputés inaccessibles en saison des pluies.

Quelles sont les stratégies développées pour impliquer les bénéficiaires ?

Avant la mise en place effective des différents équipements ouvrages (canal, bassins, latrines publiques et bornes fontaines), nous sommes allés à la rencontre des autorités communales d’arrondissements, pour les informer du démarrage prochain du projet. Par la suite, nous avons sensibilisé à tour de rôle les délégués de quartiers et les chefs de carrés concernés par le projet. Au final, ces derniers ont été responsabilisés pour poursuivre les actions auprès de leur communauté afin de toucher le maximum des bénéficiaires possible. Cela, facilitera par la suite l’appropriation du projet par ces derniers.

Quelles sont les expériences réussies qui peuvent servir d’exemple ?

En termes d’expérience réussie, je citerais la construction des latrines familiales et scolaires qui constituent l’une des réalisations phares du projet. A ce sujet, les latrines mises en place dans 13 écoles primaires rendent énormément services aux écoliers notamment les filles en âge de puberté qui auparavant arrêtaient leurs  scolarités à cause de l’absence ou de l’insuffisance des latrines.  Aujourd’hui, avec la construction des cabines spécifiquement conçues pour les filles, celles-ci vont jusqu’au bout de leur scolarité. En somme, ces équipements d’assainissement  contribuent progressivement à l’amélioration du cadre et conditions d’études pour les écoliers du primaire en général et en particulier les filles.

Que peut-on dire de l’aménagement des bassins de rétention d’eau, des canaux de drainage et des stations de pompage construits pour faire face aux inondations dans la zone de projet ?

La construction de ces ouvrages contribue grandement à nos jours, à l’assainissement des quartiers bénéficiaires. Car auparavant l’accès dans la zone était difficile, du fait des inondations récurrentes. A nos jours, la communication entre les populations est établie, la circulation est possible en saison des pluies, le tout a permis le développement de la zone et notamment certains coins des quartiers réputés insalubres. En définitif, on peut affirmer que la mise en place de ces équipements  contribuent sans cesse à l’épanouissement de la zone à la satisfaction de la majorité des habitants.

Existe-t-il des points de non satisfaction ?

A ce sujet, je citerais les bornes fontaines dont le fonctionnement bat de l’aile. A nos jours aucune d’elle ne fonctionne en raison de la non consommation de l’eau potable produite par ces bornes fontaines. Les causes en sont multiples, cela va de la concurrence déloyale des  forages privés, de la présence importante des PMH dans la zone distribuant gratuitement de l’eau… etc. Bien que le constat soit amer, il y a cependant lieu d’espérer voir ces équipements fonctionner à nouveau avec la réflexion en cours sur la délégation de gestion aux fontainiers.  Pour en arriver, il faudrait juste d’une réflexion conjuguée de la Société Tchadienne des Eaux et la Mairie autour du prix de production au mètre cube pour permettre la relance desdits équipements.

Quel message à l’endroit des bailleurs qui ont financé ce projet ?

L’Agence Française de Développement et l’Union Européenne, partenaires traditionnels de la ville de N’Djamena apportent énormément de l’appui pour le développement de la ville et notamment les quartiers périphériques en manque de service de base. Grace à leur appui multiforme, les quartiers périphériques arrivent à évacuer ses déchets, drainer ses eaux pluviales et circuler en toute saison. Un infini merci et qu’ils continuent à en faire davantage pour cette ville qui aspire à devenir un jour, une cité où il sera agréable d’y vivre.

Propos recueillis par Badoum Oumandé Henri

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