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Cherté de vie : la libéralisation de prix tue les ménages

La cherté de la vie au Tchad a atteint un degré inquiétant. Cette hausse des prix des différentes marchandises s’explique d’une part, par la libéralisation des prix et d’autre part, par les rackets policiers et douaniers. Ce qui amène certains tchadiens à pointer du doigt le gouvernement d’être complice de ce phénomène.

Aujourd’hui, les Tchadiens ne mangent pas à leur faim. Cause, la cherté de vie. A cet effet, plusieurs paramètres permettent d’apprécier le phénomène de la vie chère caractérisée par un niveau relativement élevé des prix des produits de grande consommation. Des prix qui ont globalement grimpé de 200 % sur 20 ans, alors que le revenu réel par habitant n’a presque pas progressé et cela se traduit par la baisse du pouvoir d’achat des ménages. Cette flambée de prix est souvent induite par des conjonctures externes genre inflation importée, difficultés d’approvisionnement ou naturelles, insuffisance des précipitations qui impactent négativement la production intérieure notamment celle des céréales en période de soudure. Comment lutter contre la vie chère au Tchad ?

Pour lutter contre la vie chère qui a des conséquences néfastes sur le pouvoir d’achat, et sur le niveau de vie des citoyens, l’Union des syndicats du Tchad (UST) a dernièrement demandé l’augmentation des salaires des agents pour faire face à ce phénomène. Mais l’expérience nous a montré qu’à chaque augmentation des salaires ou de SMIC, les commerçants augmentent aussitôt le prix des marchandises faute d’une législation bien conçue. Les deux principaux postes de dépenses des ménages tchadiens sont l’alimentation et le transport.

Concernant l’alimentation, le coût élevé des produits vivriers est lié aux différents postes de contrôle installés anarchiquement sur l’étendue du territoire national bien que le gouvernement ait pris des mesures pour la lavée de toutes les barrières. Cela affecte l’indisponibilité des produits, face à une forte demande. L’éloignement des zones de production, par rapport aux villes, affecte la fréquence des approvisionnements et impacte les prix à la hausse.

Dynamiser l’outil de contrôle des prix

Depuis 20 ans, l’inflation s’empire alors que le gouvernement a le gabarit pour prendre des mesures pour protéger le pouvoir d’achat des ménages. Par exemple, nous avons le plafonnement des prix et la surveillance plus accrue de l’application des vrais prix sur les marchés qui doit être accentué afin de soulager la souffrance des ménages. Sinon comment peut-on comprendre que l’allumette qui coûtait 25 FCFA il y a deux jours se vend aujourd’hui à 50 F ? Pourquoi une augmentation de 100n % ?

Les commerçants justifient la hausse des prix par les faux frais assimilés au racket pratiqué sur les routes par certains agents de force de sécurité. Ce sont aussi des surcoûts causés par la présence de multiples intermédiaires, sans aucune valeur ajoutée dans la chaîne de distribution des produits. Pour y remédier, le gouvernement doit décider de la réduction du nombre de barrages routiers et de la mise en place d’un cadre de concertation pour fixer les prix des produits importés. Au plan institutionnel, le gouvernement doit réorganiser le Conseil National de la Lutte Contre la vie Chère. Pour en faire l’instrument d’orientation, de pilotage et de suivi de la mise en œuvre des actions contre la vie chère.

Yonwa Maïlébélé

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