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Editorial : Maintenir l’espoir

« Celui qui vient en retard sera puni par l’Histoire », avait dit en août 1987 l’ancien dirigeant soviétique, Mikhaïl Gorbatchev, à l’endroit de ses pairs du Bloc de l’Est alors sous l’emprise et la domination de Moscou. Cette déclaration du numéro un soviétique de l’époque, père du Glasnost (transparence) et de la Pérestroïka (changement) ayant mis fin à la Guerre froide, sonne encore juste et vraie aujourd’hui, trente-cinq ans après. En tenant ce propos prémonitoire pour amener les dirigeants du bloc communiste qui trainaient le pas à aller vers plus de changement tant voulu par leurs peuples, Gorbatchev, aujourd’hui disparu, est entré par la grande porte dans l’Histoire. Mais qu’en est-il de l’Afrique actuelle et surtout du Tchad de 2022 en particulier ?

Il y a environ 18 mois, le Tchad est entré dans une période aux contours imprécis avec la disparition tragique de son président de la République, Idriss Déby Itno. Mais certains de ses fils, guidés par l’intérêt supérieur de leur pays, ont pris courageusement les choses en main pour stabiliser la situation en instaurant une transition apaisée pouvant aboutir à la refondation de leur patrie. D’où l’annonce, la préparation puis la tenue en cours de l’actuel Dialogue national inclusif et souverain (DNIS). L’actuel processus, bien que n’ayant pas fait l’unanimité, d’ailleurs celle-ci existe-t-elle ? se poursuit. Avec l’accompagnement et l’implication active de la communauté internationale, les Tchadiens n’ont plus droit à l’erreur.

Même si, comme on le dit, l’Histoire bégaie, son bégaiement au Tchad doit cesser une fois pour toutes pour que les filles et fils puissent comprendre où est l’intérêt supérieur de leur pays. Pour ce faire, ils doivent faire preuve de dépassement de soi, de concessions réciproques et de compromis pour aller de l’avant. La politique du tout ou rien qui crée les crispations et les violences verbales et physiques, ainsi que les débordements de toutes sortes actuellement doivent laisser la place au pardon, à la réconciliation et à la compréhension. Même si dans tout processus politique, il y a des avancées, des blocages et des reculs, les avis et positions bien compris des uns et des autres doivent être pris en compte. Cela a été clairement dit par les uns et les autres lors de l’ouverture de ces assises au palais des Arts et de la Culture le 20 août dernier : aucun individu, aucun groupe, quel qu’il soit, ne peut prétendre avoir le monopole de ce pays.

Si tout ce qui est dit et tout ce qui est fait, le sont de manière sincère et sans agenda caché ou hypocrisie au nom du Tchad, ce dernier en sortira grandi. La roue de l’Histoire étant en train de tourner, aucun recul ou arrêt inutile ne pourrait plus être permis. Sinon le verdict ou la sentence de celle-ci sera sans appel et sans pitié pour « les petits joueurs ». L’espoir est donc permis avec la prise de conscience de tous ; et il faut maintenir cet espoir à tout prix.

La Rédaction

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