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Tchad : Justice sociale pour un vivre-ensemble bénéfique

Elément cardinal de la gouvernance, la justice privilégie le mérite et le respect des droits de tous.  Ainsi, elle constitue le socle d’une cohabitation pacifique, de l’unité nationale et de la paix entre les communautés en dépit des différences socioculturelles. Un principe qui doit préoccuper tous les acteurs désireux de refonder le pays à travers ce dialogue national.

Le Tchad dispose de meilleurs textes et de structures à même de distribuer le droit à tous ses citoyens et partant faire régner un climat de paix. Les hommes en toges noires exercent autant qu’ils peuvent dans leur métier. Il y a des affaires qui sont traitées selon les règles de l’art. Dans d’autres par contre, c’est le trafic d’influence et la corruption. L’exécutif tire aussi les ficelles dans bien des cas. A plusieurs reprises, les voix se sont élevées pour déplorer cette ingérence dans la procédure judiciaire qui n’honore pas la démocratie au Tchad. Là où le bat blesse, c’est le climat d’injustice entretenu par certaines autorités locales qui ruine les rapports entre les communautés.

Cette ingérence intempestive des autorités politiques dans les affaires relevant de la compétence de la justice fait deux camps. L’un, se croit au dessus de la loi et l’autre composé de ceux-là qui ne croient pas à la justice. Du coup, l’autorité et la crédibilité de l’Etat en pâtissent. Conséquence, lorsque la justice n’est pas rendue au nom de la loi de la République, elle contribue à la déchirure  sociale.  Ce qui fait qu’au  pays de Toumaï, les autorités communautaires sont plus sollicitées dans le règlement des conflits au détriment des autorités judiciaires. De ce fait,  certains tchadiens ont le droit de détourner sans être inquiétés, voire de tuer tranquillement un être humain et payer la dia comme le veut la tradition. Cette façon de faire met à l’abri certains délinquants qui pensent que, la dia peut remplacer la vie humaine en bafouant allègrement l’autorité de l’Etat.

Deux poids, deux mesures

La justice tchadienne est à deux vitesses et certaines personnes ont tendance à se rendre justice. Donc, les autorités politiques doivent marquer leur disponibilité à aider la justice à faire son travail en toute indépendance pour que la paix règne entre tous les tchadiens sans exception.  Aussi, les autorités judiciaires doivent se faire respecter en disant le droit et rien que le droit pour éviter que les moyens de l’Etat ne servent qu’à une catégorie de personnes. De même, éviter le phénomène de marchandage de la carrière des magistrats pour faire la volonté de x ou y au détriment de la loi de la République afin de mettre tout le monde sur le même pied d’égalité. La justice étant un monstre froid, permet de faire table rase des grand maux qui entravent le développement socioéconomique du pays. Il s’agit des conflits intercommunautaires, des détournements, tueries, enlèvements contre rançon, insécurité, vol à main armée. Le dialogue sans la justice, réunit  peut-être les représentants des couches sociales mais pas les cœurs meurtris par les actes d’injustice.

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