Le Tchad dans son ensemble fait face depuis plusieurs années, à travers toutes ses contrées, aux récurrentes difficultés d’accès à l’eau et à l’électricité. Ceci malgré les énormes investissements déployés par le gouvernement avec ses partenaires au développement. « L’eau, c’est la vie, et l’électricité, c’est la vue », dit-on généralement. Mais qu’en est-il au Tchad ? Que ce soit dans le Ouaddaï, le Wadi-Fira, le Lac, les deux Logones, les deux Ennedi, bref, dans toutes les provinces, le pays fait face à des difficultés persistantes pour accéder à ces deux denrées vitales. Ce qui a poussé les populations à s’estimer abandonnées à leur triste. Faut-il en convenir qu’elles ont raison ?
En effet, en dépit des efforts continus, les phénomènes de la soif et de l’obscurité ne sont toujours pas résolus. Selon certains habitants d’Abéché de passage à N’Djaména, malgré les investissements colossaux gouvernementaux pour moderniser les réseaux d’approvisionnement et améliorer les infrastructures, de nombreux quartiers demeurent lésés à cause des services insuffisants. Même Khadidja Mahamat Issa, résidente du quartier Ben Djédid, indique que l’accès à l’eau est devenu un véritable parcours du combattant : « Nous attendons pendant des heures devant les points de distribution. Parfois, l’eau n’arrive qu’à minuit pour s’interrompre à l’aube. C’est épuisant pour les familles avec enfants et personnes âgées ». Abéché n’est qu’un cas parmi tant d’autres. Pour Djékom Maël, un nom d’emprunt, résident à Doba, les coupures d’eau et d’électricité continuent de constituer des défis pour les habitants de la capitale du Logone oriental. Approvisionnement irrégulier en eau, délestage de plusieurs jours voire plusieurs semaines pour l’électricité sont les fardeaux qu’ils portent.

Il faut des solutions concrètes et durables
Autres localités, mêmes plaintes. Que ce soit dans le Lac, le Logone occidental ou ailleurs, les populations consomment de l’eau insalubre les exposants à des maladies hydriques comme la diarrhée, le choléra ou encore le ver de Guinée. Quant à l’électricité, elle demeure un luxe auquel il leur est difficile voire impossible d’accéder. Les solutions ? Le gouvernement les a élaborées et validées sur papier, mais elles tardent à se concrétiser. La dernière tournée à travers tout le Tchad du ministère de l’Eau et de l’Energie, Kanabé Marcelin, devrait permettre de relancer les chantiers à l’arrêt et de booster ceux en cours afin de soulager les peines des Tchadiennes et des Tchadiens de l’arrière-pays. Même si N’Djaména la capitale n’est pas mieux lotie, il est plus qu’urgent que les autorités publiques en charge des secteurs de l’eau et de l’énergie électrique trouvent des solutions concrètes et pérennes, car il y va du développement socioéconomique de tout le Tchad.
Sadia Hafiz Oumar et Iqbal Abdallah Khamis











Ajouter un commentaire