A LA UNE

Alcool frelaté : Commerçants et douaniers sont responsables

L’interdiction d’importation et de vente des boissons alcoolisées frelatées par le gouvernement tchadien aux termes du décret n°2835/PCM/PM/MSPSN/2022  du 05 septembre est loin d’être appliquée.

Il suffit juste de faire un tour dans  certains quartiers et marchés de N’Djaména pour se rendre à l’évidence que ces boissons en sachets et bouteilles sont exposées à tout moment. La consommation de cette liqueur forte appelée communément «nguérek, tir fort, haute tension, etc» persiste en milieu jeune avec des graves conséquences : violences, accidents, troubles etc. Malgré l’interdiction d’importation et de vente de ces alcools de provenance douteuse, certains commerçants véreux bravent la norme pour des diverses raisons.

Certaines vendeuses ayant requis l’anonymat relèvent que l’importation se fait clandestinement par voie fluviale ou en complicité avec les douaniers. « Cette fraude se fait soit en négociation avec les douaniers soit de manière clandestine. Alors que ce sont eux qui sont censés  empêcher  l’entrée de ces produits prohibés », révèle une vendeuse au marché de Dembé. Selon cette dernière, les douaniers eux-mêmes se font de gros  business au tour de cette interdiction. « Par exemple, tout trafiquant doit monnayer pour faire entrer ses produits. Au cas contraire, les douaniers les confisquent,  pas pour aller les bruler comme ils le disent, moins encore pour les garder dans les magasins et ils revendent plus tard chez les grossistes. Nous les commerçants prenons juste chez des grossistes.», a-t-elle ajouté.

Toutefois, Ali (nom d’emprunt) un agent  de la douane mobile que nous avons interrogé affirme que la douane est divisée en plusieurs services  et chaque service à ses manières de fonctionner. « Dans notre service, nous avons pris toutes les dispositions pour empêcher l’entrée de ces produits  sur le territoire tchadien. Une fois la main mise sur ces trafiquants, on agit conformément à la loi », se défend-t-il. Mais là où le bât blesse, ajoute-t-il « Ces trafiquants sont en complicité avec les piroguiers. Ces derniers les aident à transporter les boissons frelatées par la pirogue.  Leurs opérations se passent généralement dans la  nuit.», conclut le douanier. Les agents de la douane et ceux de la mairie doivent véritablement jouer leur rôle de réglementation afin de stopper le phénomène qui tue la jeunesse à petit feu.

Royoumta  Kara (stagiaire)

À propos de ATPE

Vérifier aussi

Tchad: une semaine pour mesurer les impacts du projet SWEDD II

Le ministre d’Etat, ministre des Finances, du Budget, de l’Economie et du Plan, Tahir Hamid …

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *