Environnement

Changement climatique : Le Tchad en quête des solutions pour protéger ses systèmes agro-sylvo-pastoraux

Le ministère de l’Environnement, de la Pêche et du Développement durable, en partenariat avec l’Alliance Bioversity International et le Centre international d’agriculture tropicale (CIAT), a organisé ce jeudi 21 mai 2026 à la Cellule permanente de suivi du secteur rural, un dialogue de haut niveau consacré à l’adaptation au changement climatique. Chercheurs, experts, partenaires techniques, agriculteurs et pasteurs ont échangé sur les réponses à apporter aux effets grandissants de la crise climatique sur les ressources naturelles et les productions rurales.

Cette rencontre s’inscrit dans le cadre du projet financé par la Banque mondiale consacré au renforcement de la sécurité de l’eau et de la résilience climatique dans les systèmes agro-sylvo-pastoraux au Tchad. Les échanges visent à renforcer la collaboration entre les différents acteurs et à accélérer la planification des politiques d’adaptation climatique. A cet effet,  les discussions ont rapidement tourné autour d’un même constat. Au Tchad, les effets du changement climatique se font de plus en plus ressentir dans les campagnes. Hausse des températures, irrégularité des pluies, sécheresses prolongées ou encore pression sur les ressources naturelles fragilisent progressivement les systèmes agro-sylvo-pastoraux.

Pour Mathieu Ouedraogo, chercheur senior spécialisé en action climatique à l’Alliance Bioversity International et du Centre international d’agriculture tropicale (CIAT), le dialogue doit permettre de rapprocher les connaissances scientifiques, les politiques publiques et les réalités vécues sur le terrain. « Le Tchad se trouve à un moment décisif où les effets du changement climatique se manifestent à travers la hausse des températures, l’irrégularité des pluies et les sécheresses qui affectent les productions agro-sylvo-pastorales », explique-t-il. Selon lui, ces phénomènes interviennent dans un contexte déjà marqué par la croissance démographique, les déplacements de populations et les tensions autour des ressources naturelles. « Il devient indispensable de renforcer la résilience des communautés et de bâtir des systèmes alimentaires plus durables et capables de faire face aux chocs climatiques », insiste-t-il.

Une adaptation climatique présentée comme une urgence nationale

Représentant le ministère de l’Environnement, de la Pêche et du Développement durable, le directeur général de l’Agence nationale de la Grande Muraille verte, Kodou Choukou Tidjani, a rappelé que le changement climatique constitue aujourd’hui « l’un des plus grands défis au développement du Tchad ». Selon lui, la position sahélienne du pays et la forte dépendance de l’économie aux ressources naturelles rendent les populations particulièrement vulnérables aux dérèglements climatiques. « Les sécheresses récurrentes, les inondations, la dégradation des terres et la raréfaction des ressources en eau affectent profondément les conditions de vie des populations rurales », affirme-t-il. Il estime que ces difficultés fragilisent davantage la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance des communautés.

Pour le responsable, l’adaptation climatique ne peut plus être considérée comme une simple option. « Elle doit être pleinement intégrée dans notre planification du développement, nos politiques publiques et nos investissements », soutient-il. Kodou Choukou Tidjani rappelle que le gouvernement tchadien a engagé plusieurs initiatives dans ce sens à travers le Plan de Développement Tchad Connexion 2030 ainsi que différents programmes liés à la gestion durable des ressources naturelles. Les autorités misent aussi sur les innovations agricoles et technologiques pour améliorer la résilience des communautés rurales. « L’agriculture intelligente face au climat, les services d’information climatique et les solutions numériques adaptées aux réalités locales représentent des opportunités majeures », souligne-t-il.

Les échanges ont porté sur les risques liés au changement climatique ainsi que sur les solutions envisagées pour renforcer la résilience des communautés rurales. L’agriculture intelligente face au climat, les services climatiques numériques et la gestion durable des terres figurent parmi les approches mises en avant au cours de cette rencontre.

Sikngaye Tamaltan Inès

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