Le tribunal correctionnel de la cour d’appel de N’Djaména s’est penché, le mardi 21 avril 2026, sur une affaire de vol de bétail qui continue de faire grand bruit dans la localité de Mao, chef-lieu de la province du Kanem. Au centre des débats : A. F., condamné en première instance pour le vol de sept dromadaires, ainsi que son complice présumé, A.
Tout a commencé le 17 janvier 2026 à Mao. H. A., éleveur, conduit comme à son habitude son troupeau de camélidés au pâturage. Le soir venu, après avoir compté ses bêtes, il est allé se coucher. Pourtant le lendemain matin, le réveil est brutal, sept têtes de dromadaires ont disparu. L’éleveur dépose immédiatement plainte à la brigade de Mao.
Après trois semaines d’investigations, les soupçons des enquêteurs se portent sur A., un proche de A. F., comme étant l’auteur principal du vol et révèle sa cachette. Interpellé par la brigade, A. F. passe aux aveux complets. Il reconnaît avoir soustrait les bêtes et avoue en avoir déjà vendu deux têtes. Cependant, l’histoire prend une tournure amère pour la victime, malgré la promesse du prévenu de restituer le reste du troupeau dans quelques jours, deux dromadaires manquent toujours à l’appel. Excédé, H. A. porte l’affaire devant les tribunaux pour obtenir justice.
Les forces de l’ordre interviennent immédiatement et interpellent A. F., retrouvé en possession d’une partie du troupeau. Confronté aux faits, il passe aux aveux et reconnaît également l’implication de A. Il admet, toutefois, avoir déjà vendu deux dromadaires pour subvenir à ses besoins. Malgré sa demande de clémence et sa promesse de restituer les bêtes restantes, les deux hommes sont placés en détention. À l’issue du premier procès, le tribunal retient les qualifications de vol et de complicité de vol.
Le verdict est sévère. Deux ans d’emprisonnement ferme pour A. F., accompagnés d’une obligation de remboursement des bêtes vendues, d’une amende de 200 000 FCFA et de 600 000 FCFA de dommages et intérêts. De son côté, A. est condamné à un an de prison avec sursis et à une amende de 100 000 FCFA. Une faute avouée est à moitié pardonnée dit-on. Et pourtant, le complice quant à lui est le véritable stratège de ce vol car c’est lui qui a dressé le plan. Alors d’où vient-il que la justice au lieu de considérer le cas du complice comme très grave a simplement condamné A. de manière complaisante. Il y’a comme un poids des deux mesures selon lui.
Le procureur, estimant la peine proportionnée à la gravité des faits et au préjudice subi, s’est opposé à toute remise en cause de cette décision.
Après des plaidoiries animées lors de l’audience en appel, le tribunal a mis l’affaire en délibéré. Le verdict final est attendu pour le 12 mai 2026. À Mao, l’affaire continue de susciter l’attention. Reste à savoir si la justice confirmera la fermeté de la première décision ou si elle accordera une part de clémence au condamné.
Ngonmadje Chancel












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