Economie Tchad

Climat des affaires : L’ANIE et l’AAZES, piliers de la relance économique

Entre réformes ambitieuses, modernisation institutionnelle et partenariats stratégiques, le Tchad veut se repositionner comme une destination compétitive pour les investisseurs. L’ANIE et l’AAZES en sont les moteurs pour faciliter les démarches, expliquer les opportinutés et orienter les investisseurs et entrepreneurs dans les zones d’investissement.

Alors que le Tchad s’engage dans une transformation économique profonde sous l’impulsion du Plan national de développement Tchad-Connexion 2030, les réformes en faveur de l’amélioration du climat des affaires se multiplient. Porté par un engagement politique affirmé et une volonté de diversification, le pays mise sur la synergie entre l’Agence nationale des investissements et des exportations (ANIE) et l’Agence d’administration des zones économiques spéciales (AAZES) pour attirer davantage d’investissements et dynamiser le secteur privé. Au centre du dispositif, l’ANIE s’impose comme le principal guichet de la modernisation économique. Véritable interface entre l’État, les investisseurs et les partenaires techniques, l’agence s’attelle à simplifier les procédures administratives, faciliter la création d’entreprises et soutenir l’accès au financement.

Sa réforme phare, le Guichet unique, a marqué un tournant. Le délai de création d’une entreprise est désormais ramené à 72 heures, contre 58 jours en 2019. Une avancée majeure qui traduit la volonté du gouvernement d’alléger les démarches et d’améliorer la compétitivité du pays. « L’objectif est de faire du Tchad un hub économique compétitif, ouvert et résilient », affirme le ministre du Commerce et de l’Industrie, Guibolo Fanga Mathieu. L’ANIE oriente ses actions vers des secteurs à fort potentiel de croissance à savoir l’agriculture et agro-industrie, l’énergie et l’électrification rurale, les infrastructures et le transport, les télécommunications et l’économie numérique, la santé et les industries innovantes. Cette approche multisectorielle traduit une volonté de rompre avec la dépendance pétrolière et de construire une économie diversifiée et inclusive.

Les frais de création d’entreprise au Tchad varient selon le format avec toutes taxtes incluses. Pour une entreprise individuelle, le coût est fixé à 36.000 F CFA, tandis que la création d’une Société à Responsabilité Limitée (SARL) revient à 73.000 F CFA. Le Groupement d’Intérêt Économique (GIE) nécessite 83.000 F CFA, la Société Anonyme (SA) 113.000 F CFA et la succursale 333.000 F CFA. Ces montants, déterminés par les autorités compétentes, visent à encadrer les formalités de création d’entreprise et à favoriser un environnement économique harmonisé.

L’AAZES s’active pour l’industrialisation du pays

Autre pilier de la réforme économique et du climat des affaires, l’AAZES incarne la stratégie d’industrialisation du pays. Sous la direction de Kaye Marie Rolande, l’agence pilote la mise en place de zones économiques spéciales conçues pour offrir un environnement attractif, stable et sécurisé aux investisseurs. Les avantages proposés sont significatifs : dix ans d’exonération fiscale et douanière, clause de stabilité contractuelle sur quinze ans, protection contre la nationalisation, liberté de rapatriement des bénéfices, accès facilité au foncier industriel et accompagnement en recrutement et formation du personnel local. Pour booster l’économie du pays, deux zones pilotes sont déjà opérationnelles. Il s’agit de ZILOG (Zone industrielle du Logone), sur mille hectares dédiés à l’agro-industrie et à la transformation de la viande, et ZISARH (Zone industrielle du Moyen-Chari), sur cinq cent cinquante hectares à vocation industrielle, commerciale et de services.

« Nous offrons aux investisseurs un cadre stable, sécurisé et rentable », souligne la directrice générale de l’AAZES. Ces projets enregistrent déjà des résultats tangibles en matière d’emplois, de transfert de compétences et de création de chaînes de valeur locales. La feuille de route 2025-2030 prévoit la création de sept nouvelles zones stratégiques axées sur le numérique, l’innovation et le développement durable, avec une priorité accordée à l’emploi des jeunes et des femmes.

Dans ce même ordre d’idée, le 20 août 2025, à Niamey au Niger, le Fonds de Solidarité Africain (FSA) et l’AAZES ont signé un accord-cadre de partenariat stratégique. Objectif : transformer les zones économiques spéciales du Tchad en pôles industriels compétitifs, attractifs et créateurs d’emplois durables. Ce partenariat vise aussi à renforcer la confiance des investisseurs, souvent freinés par les contraintes de financement et la perception du risque. En lien avec la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), cette collaboration renforcera la compétitivité régionale du Tchad en intégrant ses entreprises dans les chaînes de valeur continentales.

Assainir l’environnement économique

Malgré cette dynamique, le climat des affaires tchadien fait encore face à quelques obstacles. Il s’agit du coût élevé de l’énergie et des infrastructures logistiques limitées. A cela, s’ajoute  le secteur informel. Il est composé de nombreux commerçants qui opérent sans enregistrement officiel. Pour assainir ces obstacles, le chef de département du Commerce et de l’Industrie, Guibolo Fanga Mathieu, a rencontré le président du Conseil national du patronat du Tchad (CNPT) Bichara Doudoua. Il était question au cours de cette entrevue de diagnostiquer de manière participative les obstacles liés au climat des affaires afin de garantir un bon exercice des activités des entreprises implantées au Tchad, des commerçants et d’attirer les investisseurs dans leur ensemble sur le sol tchadien.

Bien qu’il représente principalement le secteur formel, le CNPT joue un rôle clé dans la promotion de politiques de renforcement du climat des affaires, favorisant ainsi un environnement économique plus inclusif et dynamique.  C’est dans ce sens que le CNPT juge que les commerçants non formels se trouvent à un carrefour où leur intégration dans l’économie formelle pourrait être bénéfique. Bichara Doudoua a plaidé en faveur de ces derniers exerçant differentes activités notamment des ateliers de fabrication divers, garages, petites unités industrielles, revendeurs divers etc., récemment déguerpis des grandes artères de N’Djaména, soulignant leur contribution significative à l’économie nationale.

Abakar Gombo Doungous

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