Capitale pétrolière, chef-lieu de la province du Logone Oriental, Doba peine à transformer ses ressources naturelles en infrastructures de base. Désenclavement des quartiers, accès à l’électricité, voirie et assainissement demeurent parmi les principaux défis auxquels la commune est confrontée.
Enclavée au cœur d’une vaste zone forestière, la ville s’est développée progressivement, souvent avec des infrastructures inadaptées à sa croissance démographique. « Nous avons rencontré des difficultés, surtout pour l’ouverture des routes. Il fallait d’abord procéder à l’ouverture des voies et travailler sur les rues afin de faciliter la circulation et l’aménagement urbain », explique le maire de Doba, Misdongarti Nodjinan, lors de son séjour à N’Djaména.
Depuis quelques mois, des travaux ont été engagés sur les principaux axes reliant le centre-ville aux sites pétroliers et au marché central. Toutefois, ces efforts restent insuffisants pour désenclaver l’ensemble de l’agglomération. « Des interventions sont en cours dans certaines rues, mais nous devons encore rendre praticables les voies secondaires. Sans cela, une partie de la population restera isolée dès qu’il pleut », précise-t-il.
L’accès à l’électricité constitue également un handicap majeur pour l’économie locale et le fonctionnement des services publics. Comme plusieurs autres communes du pays, Doba dépend largement des groupes électrogènes. Or, l’approvisionnement en gasoil demeure irrégulier et coûteux. « Le manque d’électricité nous cause énormément de difficultés. De nombreuses communes connaissent également des problèmes d’eau et d’électricité, et Doba se trouve dans cette même situation », confie le chef de l’exécutif municipal.
Selon lui, lorsque les groupes électrogènes tombent en panne ou manquent de carburant, l’éclairage public s’éteint, les pompes à eau cessent de fonctionner, les bureaux administratifs tournent au ralenti et les activités commerciales sont fortement perturbées.
Un plaidoyer pour davantage d’investissements
Pour relever ces défis, le maire affirme qu’un travail de concertation est en cours avec les autorités compétentes. « Nous travaillons avec les autorités administratives pour relever ces défis. La volonté existe, mais il faut accélérer les projets d’infrastructures électriques et routières », insiste Misdongarti Nodjinan.
Le maire plaide notamment pour un raccordement plus stable au réseau national ainsi que pour l’installation de mini-centrales solaires capables d’alimenter les quartiers périphériques. Le maire exhorte également les entreprises pétrolières présentes dans la province à contribuer davantage au développement des infrastructures communales, au-delà de leurs obligations légales.
En attendant des investissements plus importants, la commune mise sur la mobilisation citoyenne afin de maintenir un minimum de salubrité dans les quartiers. Des journées de nettoyage sont régulièrement organisées avec la participation bénévole des jeunes, des femmes et des associations locales. « Plusieurs actions ont déjà été entreprises. Nous avons notamment mobilisé les citoyens afin qu’ils participent bénévolement aux opérations de nettoyage et d’assainissement de la commune », souligne le maire.
Selon lui, ces initiatives permettent de limiter l’accumulation des déchets et de réduire les risques sanitaires tels que le choléra, le paludisme et d’autres maladies durant la saison des pluies. Pour le chef de l’exécutif municipal, l’enjeu principal consiste désormais à établir un véritable lien entre les ressources naturelles de la province et l’amélioration concrète des conditions de vie de la population. « L’attente de la population est claire : transformer les ressources pétrolières en infrastructures durables. La construction de routes praticables, l’accès à une électricité stable et à l’eau potable figurent parmi les priorités », affirme-t-il.
La municipalité assure entendre ces attentes et promet de poursuivre son plaidoyer auprès des partenaires techniques et financiers. Reste désormais à savoir si les projets annoncés se traduiront rapidement en réalisations concrètes sur le terrain.
Kemnelem Sophie












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