Politique

Corruption et vivre-ensemble au cœur des échanges

Le Médiateur de la République du Tchad, Saleh Kebzabo a reçu en audience, le jeudi 12 février 2026, le contrôleur général de l’Autorité indépendante de lutte contre la corruption (AILC), Ousmane Abderamane Djougourou. La rencontre s’est tenue à la Médiature et a porté sur les enjeux de gouvernance, de réconciliation nationale et de lutte contre la corruption.

À l’issue de cette audience, le contrôleur général de l’AILC est revenu sur la mission du Médiateur de la République, qu’il a qualifiée de fondamentale dans le contexte actuel du pays. Selon lui, la médiation vise avant tout à réconcilier les Tchadiens et à restaurer la confiance entre les citoyens et les institutions.

Il a souligné que cette mission est particulièrement complexe dans un contexte marqué par des frustrations sociales et des injustices perçues. « Ce qui peut véritablement réconcilier les Tchadiens, ce sont les bonnes pratiques et une gestion équitable des ressources publiques », a-t-il déclaré, ajoutant que de nombreux conflits trouvent leur origine dans le sentiment d’exclusion et d’injustice. Pour lui, le vivre-ensemble et la cohabitation pacifique ne doivent pas rester de simples concepts, mais se traduire concrètement dans les actes posés au quotidien.

Le contrôleur général a indiqué que la prévention et la lutte contre la corruption constituent un levier essentiel pour rendre effectif le vivre-ensemble. Un pays assaini de la corruption, a-t-il expliqué, peut plus facilement mettre en œuvre de véritables politiques de développement économique et social. Il a rappelé que le Tchad dispose d’importantes potentialités économiques et de nombreuses ressources naturelles, mais que la corruption freine leur valorisation. Ce fléau, selon lui, « maintient le pays dans la pauvreté, entrave l’épanouissement de la population et limite l’accès des citoyens aux services sociaux de base, notamment la santé, l’éducation et les infrastructures ».

Face à l’ampleur du phénomène, il a insisté sur la nécessité d’une mobilisation collective. La lutte contre la corruption ne peut être menée par une seule institution. Elle exige l’implication de tous les citoyens, aux côtés des autorités qui ont mis en place l’AILC pour prévenir et réprimer les infractions assimilées. « Ce travail ne peut pas être mené par une seule personne. Tous les Tchadiens doivent être convaincus que la corruption est à la base des maux qui freinent le développement », a-t-il plaidé.

Ousmane Abderamane Djougourou a enfin estimé que l’année 2026 devrait marquer un tournant décisif dans ce combat, afin de permettre au pays de prendre un nouvel élan de développement et de renforcer la réconciliation nationale. Se disant satisfait de son échange avec le Médiateur de la République, il a salué les efforts déployés pour favoriser le dialogue, faire taire les armes et encourager la compréhension mutuelle entre les Tchadiens.

Sikngaye Tamaltan Inès

 

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