Laringam Reoular Majoie, jeune styliste d’une trentaine d’années se démarque par sa passion pour la mode. Grâce à son savoir-faire, la fondatrice de Larry Mode a gagné plusieurs prix à l’international. Déterminée que résiliente, elle se laisse découvrir dans ce portrait.
Née d’un rêve d’enfance, la passion de Laringam Reoular Majoie pour la couture s’est imposée très tôt. Dès son bas âge, elle confectionnait déjà des tenues pour ses poupées. En 2012, sa mère l’inscrit dans un centre de formation professionnelle en industrie d’habillement à Douala au Cameroun. Mais c’est en 2021, alors qu’elle traversait une période difficile à l’université de N’Djamena, qu’elle décide de transformer cette passion en métier. Avec ses économies, elle s’offre une machine à coudre et commence à travailler pour subvenir à ses besoins. De fil en aiguille, elle bâtit son identité de créatrice et fonde Lary Mode.
Ce qui distingue ses créations, c’est la richesse de ses inspirations. Issue de plusieurs cultures (tchadiennes et belges), elle puise dans ses origines pour donner vie à des pièces uniques. « La culture tchadienne est la base de toutes mes créations », affirme-t-elle.
Le talent de Laringam Reoular Majoie ne tarde pas à franchir les frontières. Elle remporte plusieurs prix dont le prestigieux Africa Fashion Award en 2023 et la Nuit du Styliste Africain en 2025 tous deux à Cotonou au Bénin. Ces distinctions lui ouvrent les portes du public international et renforcent la visibilité de son travail. Ces reconnaissances lui permettent d’être invitée à davantage d’événements et de recevoir des propositions de collaboration. Pourtant, elle souligne la difficulté de faire reconnaître la valeur des stylistes tchadiens dans leur propre pays. « La mode est un domaine difficile. La valeur du styliste tchadien est plus reconnue à l’étranger que dans son propre pays », confie-t-elle. Cela l’oblige à investir davantage pour exporter ses créations.
Être une jeune femme dans la mode n’est pas sans embûches. Laringam Reoular Majoie raconte les préjugés auxquels elle fait face : certains la jugent vulgaire, d’autres estiment ses voyages trop coûteux et refusent de payer ses prestations. Elle défend pourtant la valeur de son travail : « La vraie élégance est chère. Nos créations sont à la hauteur de nos sacrifices».
Aux jeunes filles qui rêvent de se lancer dans la mode ou l’entrepreneuriat, la jeune styliste n’a pas manqué de leur prodiguer quelques conseils : « La première des choses, c’est de savoir choisir ses armes pour aller à la guerre. Quand on est bien outillé, tous les obstacles deviennent des opportunités». Pour elle, entreprendre implique des sacrifices, mais la confiance en soi reste la clé pour surmonter l’échec.
Le parcours de cette jeune styliste incarne à la fois la résilience et l’audace. Laringam Reoular Majoie, à travers Lary Mode, fait rayonner l’élégance du Tchad sur la scène internationale.
Man-Ya Allah Gisèle












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