Au Tchad, l’environnement médiatique se caractérise par une coexistence entre médias traditionnels (radio, télévision et presse écrite) et un usage croissant des réseaux sociaux. Dans un pays où l’accès à l’Internet et aux technologies numériques a connu un développement rapide, ces dernières années, les plateformes numériques sont devenues des sources d’informations majeures pour une grande partie de la population. Cette progression n’est pas sans conséquence sur la manière de consommer l’information.
Selon le rapport « digit Tchad 2025 », il y a 2,74 millions de personnes Internet au Tchad, soit un taux de pénétration en ligne de 13,2 %. Le Tchad comptait 1,68 millions d’identités d’utilisateurs des médias sociaux en janvier 2025, soit 8,1 % de la population totale. La propagation des fausses informations est monnaie courante. Il s’agit de la diffusion volontaire ou involontaire d’informations fausses, trompeuses ou manipulées dans le but d’influencer l’opinion publique, de créer de la confusion ou de servir des intérêts particuliers, voire partisans. La vulnérabilité face à la désinformation s’explique par plusieurs facteurs dont un faible taux d’alphabétisation numérique, la forte circulation d’informations via les réseaux sociaux ainsi qu’un accès limité aux médias fiables dans certaines régions.
Les réseaux sociaux constituent, aujourd’hui, la principale source de propagation de fausses informations. Sur WhatsApp, Facebook ou TikTok par exemple, des rumeurs, des images sorties de leur contexte ou des informations non vérifiées circulent rapidement et sont souvent partagées sans vérification. Le Tchad fait aujourd’hui face à plusieurs défis, notamment le renforcement de la cohésion sociale et la paix afin d’impacter le développement dans un environnement sûr. A cet effet, la désinformation peut constituer une entrave au développement, à la constitution d’une opinion indépendante et critique.
La désinformation constitue, aujourd’hui, un défi majeur pour le Tchad, comme pour de nombreux pays. Dans un contexte marqué par la transformation numérique et les enjeux politiques et sécuritaires, la diffusion d’informations fausses peut avoir des conséquences négatives sur la stabilité sociale, la confiance publique et la démocratie. La lutte contre ce phénomène nécessite une mobilisation collective impliquant les autorités publiques, les médias, les organisations de la société civile et les citoyens eux-mêmes. Le développement de l’esprit critique et de la vérification de l’information demeurent donc l’un des moyens les plus efficaces pour limiter l’impact de la désinformation.
Badoum Oumandé Henri












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