Le commerce en ligne (E-commerce), gagne du terrain, sur les réseaux sociaux particulièrement via Facebook, Instagram et WhatsApp. Il s’est imposé dans le quotidien de nombreux Tchadiens. Produits bien présentés, garanties séduisantes et livraisons promises rapides attirent les consommateurs. Tout semble réuni pour convaincre. Mais derrière cet engouement, de nombreux cas d’arnaques, de produits non conformes ou de services défaillants sont signalés.
Aicha Issa Mahamat, garde un souvenir amer. Il y a quelques mois, elle s’est laissée séduire par des vidéos promotionnelles vantant l’efficacité d’aspirateurs présentés comme capables de nettoyer fauteuils, chaises et salons de maison. Convaincue par la démonstration, elle débourse 50.000 F CFA. Mais une fois les appareils utilisés, la désillusion est immédiate. « Dès la première utilisation, j’ai compris que j’avais été victime d’une arnaque », confie-t-elle. Les machines se révèlent inutiles et finissent rangées dans leurs cartons, abandonnées dans un coin. Son expérience ne s’arrête pas là. Quelques semaines plus tard, Aicha Issa Mahamat, commande un sac à main sur une page Facebook. Les photos montrent un article élégant, aux finitions soignées. Le prix est fixé à 25.000 F CFA. A la réception, le produit livré n’a rien à voir avec les images diffusées. « La qualité était médiocre, la couleur fade. Rien à voir avec ce qui était présenté », raconte-t-elle. Plus frustrant encore, le même sac est vendu au marché à mil à moitié prix. Pour elle, le constat est clair : des images trompeuses et une publicité mensongère.
Mahamat Moussa a vécu une mésaventure similaire, à la veille de la fête du Ramadan. Attiré par une page spécialisée dans la vente de chaussures en ligne, il commande une paire annoncée comme haut de gamme pour 25.000 F CFA. La transaction s’est faite rapidement, de nuit, avec une livraison assurée par un intermédiaire. Mais là encore, la promesse ne tient pas. « Les chaussures n’étaient pas celles que j’ai vues sur la page. La qualité n’était pas bonne et la couleur n’était pas la même », explique-t-il. Un achat censé préparer une fête s’est transformé en déception.
Une autre victime, qui a préféré garder l’anonymat, raconte une escroquerie plus élaborée. Sur une page de vente, elle découvre une offre regroupant une montre présentée comme étanche, un chapelet et un portefeuille en cuir, pour un montant de 40.000 F CFA. Les produits sont mis en valeur par une vendeuse, avec des images soignées et un discours rassurant. « Elle m’a garanti l’originalité et la qualité des articles », explique-t-elle. Deux semaines plus tard, à la réception du colis, la réalité est tout autre. La montre ne résiste pas à l’eau, le portefeuille prétendument en cuir est en matière synthétique. « Il s’agissait clairement d’une escroquerie, fondée sur de fausses promesses et des visuels trompeurs », conclut-elle, aujourd’hui méfiante vis-à-vis des ventes sur les réseaux sociaux.
Un commerce peu encadré, des consommateurs exposés
Ces expériences ne relèvent pas des cas isolés. Elles s’inscrivent dans un contexte plus large où le commerce électronique au Tchad reste encore peu structuré. En dehors de quelques plateformes formelles, la majorité des ventes en ligne s’effectuent directement sur les réseaux sociaux, sans cadre juridique clair, sans obligation d’identification des vendeurs et sans mécanisme réel de protection des consommateurs. Cette situation rend difficile toute tentative de recours en cas d’escroquerie et favorise l’impunité des auteurs qui peuvent facilement disparaître, changer de page ou recréer de nouveaux profils après une fraude.
Face à ces pratiques, la prudence s’impose. Exiger le paiement à la livraison, se méfier des offres trop attractives et comparer les prix avec ceux du marché physique sont autant de réflexes que les victimes disent avoir appris à leurs dépens. Pour beaucoup, l’expérience a durablement entamé la confiance envers le commerce en ligne sur les réseaux sociaux, transformant ce qui devait être une opportunité en source de méfiance et de frustration.
Sikngaye Tamaltan Inès











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