Chaque 4 janvier, la Journée mondiale du Braille met en lumière l’importance de l’inclusion des personnes déficientes visuelles dans tous les domaines de la vie, notamment l’éducation. Au Tchad, malgré l’existence de quelques structures éducatives spécialisées, l’accès à une éducation de qualité pour les élèves malvoyants demeure encore limité. Certains parviennent néanmoins, au prix de nombreux efforts, à s’intégrer dans les écoles formelles. Cette journée est un appel à renforcer les dispositifs inclusifs pour garantir à chacun le droit fondamental à l’éducation, sans distinction.
Youssouf Azalo Djabar, responsable du Complexe scolaire franco-arabe « Al Basar » pour l’apprentissage du braille, rappelle l’introduction de cette écriture au Tchad. « Cette écriture est arrivée au Tchad dans les années 60 grâce à l’église protestante évangélique. C’est en 1988 qu’elle s’est généralisée. »
La première structure éducative a vu le jour, le 24 octobre 1988. « J’étais le pensionnaire de cette institution qui s’appelait Centre de ressource pour jeunes aveugles. Nous avons été formés. Nous avions ensuite intégré les écoles formelles et les universités. Aujourd’hui, c’est nous qui rendons service à nos frères, sœurs et enfants déficients visuels », raconte-t-il. Pour lui, cette écriture revêt une importance capitale parce que c’est par elle qu’ils arrivent à véhiculer l’information et transmettre les connaissances aux autres.
Une cherté de matériels qui tue les rêves
Dans sa description, le braille se lit de la gauche vers la droite, mais s’écrit de la droite vers la gauche. Le matériel est composé d’une tablette et d’un poinçon. La machine Perkins permet quant à elle de dactylographier les textes. Le grand défi auquel sont confrontés les déficients visuels, est l’accès aux matériels didactiques. « Au Tchad, nous éprouvons toutes les difficultés, parce que les machines que je viens de citer sont archaïques et ne sont pas utilisées ailleurs. Ici, elles sont chères. Une grande tablette coûte 40 000 Fcfa, la petite tablette est à 15 000 Fcfa, la machine Perkins est autour de 700 000 Fcfa. Donc, c’est inaccessible pour les enfants tchadiens. Nous avons toujours plaidé pour ces enfants, mais nos autorités ne réagissent pas. Autant de Tchadiens déficients visuels qui veulent lire et écrire mais les matériels nous posent problème parce que ça ne se vend pas au Tchad. Il faut commander », explique Youssouf Azalo Djabar.
Un effort d’ensemble pour une éducation inclusive
Les cadres éducatifs pour déficients visuels sont, soit confessionnels, soit privés. Le fondateur du complexe soutient que plus de 90 % de ces enfants sont issus des familles défavorisées. « Nous cherchons les voies et moyens pour mettre les matériels à leur disposition. Je lance un appel au gouvernement de faire de l’éducation des enfants déficients visuels une priorité où tout sera mis à leur disposition. Pour les organisations nationales et internationales, les machines qui ne sont pas utiles ailleurs, nous en avons besoin ici. Aujourd’hui, il y a des centres d’alphabétisation. Nous alphabétisons nos parents oralement parce que les matériels nous font défauts », plaide-t-il.
Pour rappel, cette écriture est créée par le français Louis Braille qui est né le 4 janvier 1809. Elle porte son nom parce qu’il est le premier à rendre cette écriture universelle pour les déficients visuels. Au départ, c’est une écriture qui renfermait 12 signes. Elle était d’abord utilisée par les armées allemande, britannique et autres. C’est plus tard que Louis va faire passer cette écriture de 12 à 6 signes. Grâce au braille, il est possible de représenter non seulement l’alphabet, mais également les signes mathématiques et les notes de musique.
Badoum Oumandé Henri












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