Editorial

Editorial : Acte citoyen attendu

La décision prise par le maire de la ville de N’Djaména, Senoussi Hassana Abdoulaye, à travers son récent communiqué appelant les citoyens, les entreprises et les commerçants à entretenir et embellir les façades des bâtiments le long des voies publiques, est salutaire, responsable et porteuse d’espoir. Elle traduit une volonté claire de promouvoir la citoyenneté, le civisme et la responsabilité collective dans la gestion de l’espace urbain. Une capitale propre, organisée et esthétique reflète non seulement l’image du pays, mais aussi le degré d’engagement de ses citoyens envers le bien commun.

Cette initiative mérite d’être saluée, car elle rappelle à chacun que la ville n’appartient pas uniquement aux autorités municipales, mais à tous ceux qui y vivent et y exercent leurs activités. L’entretien des façades, des trottoirs et des abords des bâtiments contribue à l’amélioration du cadre de vie, à la sécurité, à l’attractivité économique et même au bien-être psychologique des populations. En ce sens, l’appel du maire va bien au-delà d’une simple opération de peinture : il s’agit d’un appel à la conscience citoyenne.

Toutefois, pour que cette décision produise les effets escomptés et bénéficie d’une adhésion massive, elle doit être accompagnée des mesures d’accompagnement adaptées aux réalités socioéconomiques des N’Djaménois. Aujourd’hui, le coût élevé du ciment, de la peinture et des autres matériaux de construction constitue un frein majeur pour de nombreux ménages, petits commerçants et artisans. Exiger des rénovations sans tenir compte du pouvoir d’achat des populations risque de transformer une initiative citoyenne en source de frustration ou de tensions.

Les habitants de la capitale se rappellent encore l’initiative de l’ancienne maire, Mbaïlemdana Fatimé, qui avait imposé le pavage des devantures des habitations et interdire l’usage des emballages plastiques communément appelé ‘’Leda’’. Aujourd’hui, si l’interdiction des emballages plastiques est bel et bien appliquée, le projet de pavage, quant à lui, n’a pas rencontré le succès attendu, principalement en raison du coût élevé du ciment.

Dans cette perspective, la réduction du prix des matériaux de construction, notamment le ciment, apparaît comme une mesure stratégique. L’État, en collaboration avec la commune et les opérateurs économiques, pourrait envisager des subventions ciblées, des exonérations fiscales ou des mécanismes de régulation des prix. Ces actions permettraient de faciliter l’accès aux matériaux essentiels et encourager les citoyens à répondre positivement à l’appel des autorités municipales.

En définitive, l’embellissement de N’Djaména ne peut être durable que s’il repose sur un partenariat sincère entre la commune et les citoyens. Associer l’appel au civisme à des mesures économiques concrètes renforcerait la crédibilité de l’action municipale et favoriserait une mobilisation générale. Embellir N’Djaména ensemble, c’est partager les responsabilités, mais aussi les efforts et les solutions, afin de bâtir une capitale digne des aspirations de ses habitants.

La Rédaction

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ATPE

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