Environnement Tchad

Éditorial : Agir pour l’environnement

Le monde célèbre, le 5 juin 2026, la Journée mondiale de l’environnement. Instituée par les Nations unies, cette commémoration annuelle rappelle l’urgence d’agir face aux effets grandissants du changement climatique et à la nécessité de préserver les écosystèmes dont dépend l’équilibre de nos sociétés.

Au Tchad, cette lutte est portée par le Ministère de l’Environnement, de la Pêche et du Développement Durable. Afin de renforcer la mobilisation des ressources financières et de soutenir des actions concrètes sur le terrain, l’État a créé, par la Loi n°014/PR/98 du 17 août 1998, le Fonds spécial en faveur de l’environnement (FSE). Opérationnel depuis 2012, cet instrument est appelé à jouer un rôle déterminant dans le financement des projets de protection de l’environnement, la restauration des écosystèmes dégradés, la préservation des ressources naturelles ainsi que l’appui aux études, à la recherche et à la formation dans ce secteur stratégique.

La mission du FSE est noble et essentielle. À l’heure où les conséquences du dérèglement climatique affectent durement les populations, notamment rurales, son action devrait être visible et perceptible à travers des projets innovants, des programmes de reboisement, des initiatives de restauration des terres dégradées et un accompagnement accru des communautés dans leurs efforts d’adaptation.

Pourtant, plus d’une décennie après sa mise en œuvre effective, les résultats du Fonds demeurent peu visibles aux yeux de nombreux citoyens. Les défis environnementaux continuent de s’aggraver. Avancée de la désertification, raréfaction des ressources naturelles, perte de la couverture végétale, dégradation des sols et pression croissante sur les écosystèmes. Face à cette réalité, une interrogation légitime se pose. Quel bilan peut présenter  le Fonds spécial en faveur de l’environnement ?

Cette question n’est ni une remise en cause de son utilité ni une critique systématique de son existence. Elle traduit plutôt une exigence de redevabilité. Les ressources destinées à l’environnement doivent produire des résultats mesurables et visibles. Les populations sont en droit de connaître le volume des fonds mobilisés, les projets financés, les zones bénéficiaires, les réalisations achevées ainsi que les actions en cours d’exécution.

En cette Journée mondiale de l’environnement, le FSE gagnerait à saisir cette occasion pour présenter publiquement un état des lieux de ses interventions, ses acquis, ses difficultés et ses perspectives. Une telle démarche renforcerait la confiance des citoyens et prouverait l’engagement de l’institution en faveur d’une gestion transparente et efficace des ressources qui lui sont confiées.

L’urgence climatique impose désormais de passer à une échelle supérieure. Il ne suffit plus de collecter des ressources. Il faut les orienter vers des projets capables de transformer durablement les conditions de vie des populations. Cela passe par la diffusion de semences résilientes, la promotion d’espèces forestières adaptées aux nouvelles réalités climatiques, le soutien aux initiatives communautaires, la lutte contre les pollutions urbaines et la restauration des écosystèmes fragilisés.

Le Fonds spécial en faveur de l’environnement dispose d’un mandat important et d’une responsabilité historique. Dans un contexte où les températures augmentent et où les pressions environnementales se multiplient, le moment est venu de démontrer pleinement son impact. Car protéger l’environnement n’est pas seulement une obligation écologique ; c’est un investissement dans la sécurité alimentaire, la santé publique, la stabilité économique et l’avenir des générations futures.

La Rédaction

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ATPE

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