Editorial Sécurité

Éditorial : Discipline et responsabilité

Dans les commissariats de sécurité publique, les camps des forces de sécurité intérieure ou des forces de défense et de sécurité, le turban prend la place des bérets. C’est le cas aussi pour le port des tenues spécifiques à chaque corps qui n’est pas respecté. Cet amalgame, aux retombées préjudiciables, est en vogue depuis un certain temps. Devant la persistance d’une telle habitude, le directeur général de la Police nationale, le général Tougoud Digo Maïdé, a sonné la fin de la récréation. Un communiqué officiel signé le 8 janvier 2026 interdit la pratique sur toute l’étendue du territoire national avec le concours et l’implication directe des directeurs techniques et commandants des unités spécialisées.

Pourquoi les règles les plus salutaires sont-elles foulées aux pieds ? Est-ce dû au laisser-aller, à la complaisance des chefs hiérarchiques ou à l’ignorance ? Si tel est le cas, il faut bien quelqu’un pour dire stop et faire régner l’ordre et la discipline. La mise au point du directeur général de la Police nationale intervient dans un contexte particulier. La crise de confiance entre les forces de défense et de sécurité et la population civile reste un défi à relever. La reconquête de cette confiance exige des comportements responsables, respectueux des principes et statuts de chaque corps de métier.

La confiance, en ce moment précis, est nécessaire pour assurer valablement la mission de protection des personnes et de leurs biens, en ces temps où les enjeux sécuritaires sont de plus en plus nombreux et asymétriques. Le rappel à l’ordre du patron de la police nationale n’est pas une démarche isolée, moins encore nouvelle, mais mérite bien d’être appréciée, selon ce qui se vit sur le terrain. Le premier conseil des ministres de l’année 2026 a également adopté un projet de décret allant dans le même sens. Il concerne les responsables des unités administratives qui doivent s’habiller selon un mode vestimentaire propre.

Partout dans le monde, chaque corps habillé est reconnu par les couleurs de son uniforme. C’est une question de discipline mais aussi du respect des textes régissant ledit corps, et d’une distinction devenue indispensable pour diverses raisons. La démarche, en plus de remettre de l’ordre au sein des corps visés, aborde la question de l’insécurité en général, du banditisme et des bavures impliquant quelque fois les corps habillés. Les tenues sont faites de couleurs différentes afin, justement, d’identifier chaque corps et en cas d’inconduite ou de comportement déviants, d’interpeler et de sanctionner.

Il n’est pas exagéré de rappeler que dans ce désordre, sciemment entretenu, des comportements et actes répréhensibles des forces de défense en général, et celles de la sécurité intérieure restent impunis faute d’avoir identifié avec exactitude les auteurs ou simplement le corps auquel ils appartiennent. C’est pourquoi, l’esprit de cet acte administratif est salutaire. Reste maintenant à faire en sorte que son application ne souffre d’aucune complaisance ni ambiguïté pour démasquer celles et ceux qui ont longtemps surfé sur ce désordre pour faire du mal à la population.

La Rédaction

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