Il ne se passe plus un jour sans que des messages à caractère haineux ne soient diffusés sur les réseaux sociaux et diverses plateformes numériques. Alors que les médias traditionnels disposent encore de mécanismes pour contrôler et filtrer les contenus, la tâche s’avère beaucoup plus ardue face à la prolifération des médias en ligne, des pages anonymes et des comptes fictifs.
Au Tchad, ce phénomène prend de l’ampleur et atteint des proportions particulièrement préoccupantes. Le principal obstacle demeure la faiblesse de l’arsenal juridique existant ainsi que sa faible vulgarisation auprès du public. Dans ce vide normatif, chacun agit à sa guise, rendant difficile toute régulation efficace et toute répression appropriée.
D’où viennent ces messages ? Le discours haineux vise à dénigrer ou discréditer une personne ou un groupe en raison de la couleur de sa peau, de sa nationalité, de sa religion ou encore de son appartenance ethnique ou tribale. À cela s’ajoutent les clichés, les stéréotypes et les discriminations de toutes sortes, qui attisent les frustrations et se traduisent souvent par des propos agressifs et insultants. Ces attaques verbales sont, en réalité, le reflet d’une faiblesse : au lieu de valoriser la diversité qui devrait être une richesse pour un peuple appelé à vivre ensemble, certains en font un poison qui fragilise le tissu social. La méfiance et le repli identitaire remplacent alors la solidarité et la coopération, sapant ainsi les fondements de la cohésion nationale et de la paix.
La diversité qui constitue une richesse pour les peuples appelés à vivre ensemble, devient un venin qui empoisonne le tissu social, quand la tolérance fait défaut. Ainsi, au lieu de se donner la main pour bâtir ensemble, accomplir de grands rêves et faire des prouesses, cette haine distille la méfiance et le repli identitaire tout en minant la cohésion sociale et la paix. Le génocide entre Hutu et Tutsi du Rwanda, entretenu par les messages de la radio libre des Mille collines, doit servir de leçon à toutes les nations.
Le recours systématique à un langage discriminatoire et offensant est révélateur d’un mal-être profond qu’il faut songer à panser par une éducation de qualité, une ouverture d’esprit et l’amour de la patrie, car la méconnaissance de l’autre et de ses valeurs font bien le lit de la méchanceté gratuite. L’émergence du pays ne peut se réaliser si la population se met en rang dispersé. Comme le rappelait, Mahatma Gandhi « La haine trouble la vie ; l’amour la rend harmonieuse. La haine obscurcit la vie ; l’amour la rend lumineuse. »
Face à cette gangrène, il ne suffit pas de réprimer. La prévention doit aussi passer par l’instauration d’une justice équitable et d’une véritable égalité de chance sur l’ensemble du territoire. C’est à ce prix que ce fléau sera contenu et la paix sociale préservée.
La Rédaction










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