La lutte contre les faux diplômes est devenue une urgence nationale. Lors de la cérémonie d’installation du nouveau Directeur général de l’ONECS, Pr Bakari Abbo, le 19 mai 2026, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de la Formation professionnelle, Dr Sitack Yombatina, a tenu un discours d’une rare fermeté. Face aux dérives qui gangrènent le système éducatif, il a rappelé avec force que « les diplômes, l’école, l’éducation et l’enseignement supérieur sont l’âme d’une nation et le miroir d’un peuple ».
Cette déclaration, venant d’un universitaire et responsable de premier plan, traduit l’ampleur du danger. Car falsifier un diplôme ne relève pas d’une simple fraude administrative. C’est une atteinte grave à l’avenir d’un pays. Une nation qui tolère les faux diplômes prépare elle-même son déclin. Lorsque des individus sans qualification occupent des fonctions sensibles, c’est toute la société qui est mise en péril.
Un faux médecin peut coûter des vies. Un faux magistrat peut condamner un innocent. Un faux enseignant peut former des générations d’élèves sans compétences. Un faux ingénieur peut construire des infrastructures défectueuses mettant en danger des milliers de citoyens. Derrière chaque faux diplôme se cache une menace réelle pour la sécurité, la justice, l’économie et le développement du pays.
L’éducation constitue le socle de toute nation moderne. Détruire son système éducatif revient à détruire son avenir. Les diplômes doivent rester le fruit du mérite, du travail et de la compétence, et non celui de la corruption ou des réseaux frauduleux. Accepter les faux titres, c’est banaliser la médiocrité et décourager les efforts de ceux qui étudient honnêtement pendant des années.
Le combat contre ce fléau ne doit pas reposer uniquement sur le ministère en charge de l’enseignement supérieur. Il exige l’implication de tous : administrations publiques, établissements scolaires et universitaires, employeurs, services de contrôle et autorités judiciaires. Chaque institution doit systématiquement vérifier l’authenticité des diplômes avant tout recrutement ou promotion. La complaisance et le silence font le lit de la fraude.
Les citoyens ont également une responsabilité. Il est temps d’ouvrir les yeux et de refuser toute complicité avec les faussaires qui discréditent les institutions nationales. Le Tchad ne peut construire son avenir sur le mensonge et l’usurpation. La compétence doit redevenir la seule voie d’accès aux responsabilités.
Le message du ministre est donc clair : l’école ne doit jamais être livrée à la corruption. Restaurer la crédibilité des diplômes, protéger l’excellence académique et sanctionner les fraudeurs sont aujourd’hui des impératifs pour sauver l’honneur du système éducatif tchadien et garantir un avenir fondé sur le mérite et la compétence.
La Rédaction












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