Face à l’ampleur du désordre urbain, le ministre de la Sécurité publique et le ministre délégué auprès du vice-Premier ministre chargé de la Décentralisation ont tapé du poing sur la table lors d’une rencontre tenue, le 21 mai 2026, avec les responsables communaux. Au cœur de leurs préoccupations, redonner à N’Djaména l’image d’une capitale moderne, propre et organisée.
Parmi les sujets abordés figuraient notamment la circulation des gros-porteurs aux heures interdites, source d’embouteillages monstres, l’insalubrité qui gagne les grandes avenues et artères de la ville, l’intrusion des commerçants dans les bureaux administratifs, l’occupation anarchique des espaces publics ainsi que la vente illicite de carburant en bordure des routes. Autant de pratiques qui ternissent l’image de la capitale, ont rappelé les membres du gouvernement.
Le maire de la ville de N’Djaména et les maires d‘arrondissements ainsi que leurs collaborateurs ont été vivement interpellés. Un ultimatum de deux semaines leur a été accordé afin de rétablir l’ordre dans leurs zones de responsabilité. Pourtant, ces constats ne sont pas nouveaux. Les populations vivent quotidiennement ces désagréments, tandis que plusieurs décisions prises par le passé sont restées lettres mortes. En cause, l’absence de mécanismes permanents de suivi et d’évaluation capables d’assurer l’application des mesures dans la durée. Ainsi, après quelques signes d’engagement, la vigilance finit souvent par s’estomper, laissant place au retour des mauvaises pratiques.
Dès lors, il ne suffit pas de multiplier les menaces et/ou ultimatums. Il est surtout nécessaire d’agir avec méthode et discernement, intensifier les campagnes de sensibilisation, mettre en place des mesures d’accompagnement adaptées et sanctionner, sans complaisance, les contrevenants. Car tant que les citoyens ne bénéficieront pas du même niveau d’information et de compréhension des enjeux, les discours officiels risquent de demeurer de simples déclarations sans effet réel.
Compte tenu de son caractère multidimensionnel, la question de l’ordre et de la discipline ne peut relever de la seule responsabilité des services municipaux. Toutes les couches socioprofessionnelles doivent être impliquées pour espérer amorcer un véritable changement de mentalité. La répétition étant pédagogique, une mobilisation accrue des médias et des différents canaux de communication autour de ces problématiques apparaît également indispensable afin de toucher le plus grand nombre.
Un pays qui ambitionne d’être attractif ne peut lésiner sur les moyens nécessaires pour atteindre ses objectifs. À l’heure où le Tchad diversifie ses partenariats avec des grands pays développés et aspire à attirer davantage d’investisseurs, comment rassurer partenaires et bailleurs si des problèmes aussi essentiels peinent encore à trouver des solutions durables ?
Au regard de leurs conséquences, certaines pratiques doivent être fermement sanctionnées afin de servir d’exemple. Discipline, rigueur et civisme constituent des valeurs indispensables pour tout peuple aspirant au développement et à la grandeur. Les membres du gouvernement ayant donné le ton, il revient désormais aux municipalités, aux responsables administratifs, mais aussi aux citoyens jusqu’aux grandes institutions, de s’engager pleinement dans cette mission collective.
Il est temps que la physionomie de N’Djaména, et plus largement celle des grandes villes du pays, reflète enfin l’image d’un État organisé, moderne et respectueux de l’intérêt général. Car sans ordre, il ne peut y avoir d’émergence.
La Rédaction










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