Le 5 mars de chaque année est consacré à la sensibilisation au désarmement et à la non-prolifération des armes de guerre. Instituée par l’Organisation des Nations unies, cette journée vise à promouvoir une meilleure compréhension des enjeux liés au désarmement auprès du grand public, notamment des jeunes.
Au Tchad, la célébration de la Journée internationale de sensibilisation au désarmement et à la non-prolifération revêt une résonance particulière au regard du contexte actuel. Il n’y a pas si longtemps, des armes de guerre saisies aux mains de civils ont été présentées à Abéché dans la province de Ouaddaï et à Korbol dans le Moyen Chari. Ces cas sont loin d’être isolés. Même dans la capitale, N’Djaména, des fouilles ont révélé que des individus non autorisés détiennent des armes.
La prolifération des armes demeure donc une réalité préoccupante dans le pays. En cette journée symbolique, le moment est venu d’aller au fond des choses : d’où proviennent ces armes et pourquoi continuent-elles de circuler malgré les efforts déployés pour en limiter la diffusion, sinon l’éradiquer ? Le passé du Tchad, marqué par des rébellions récurrentes, peut en partie expliquer cette situation. À cela s’ajoutent le terrorisme dans le Sahel, les conflits armés dans certains pays voisins ainsi que l’afflux de réfugiés, autant de facteurs susceptibles d’alimenter la circulation et la présence massive d’armes dans le pays de Toumaï.
Une autre question majeure concerne l’efficacité des opérations de désarmement et les suites qui leur sont réservées. À N’Djaména comme dans l’arrière-pays, ces opérations se poursuivent, mais les résultats demeurent mitigés. Des civils continuent de se procurer des armes et, entre-temps, des crimes sont commis chaque jour. À ce niveau, les responsabilités des uns et des autres sont engagées.
D’un côté, les fouilles doivent être menées avec transparence par des agents rigoureux et courageux, afin d’éviter toute complaisance ou autocensure. Il arrive en effet qu’elles se heurtent à des résistances et que certaines personnes dites « haut placées » échappent aux contrôles. De l’autre, la justice doit se saisir pleinement de la question afin que les détenteurs illégaux d’armes soient jugés et condamnés conformément à la loi.
La sensibilisation et l’éducation semblent aujourd’hui montrer leurs limites. Dès lors, la sanction apparaît comme un levier nécessaire pour dissuader et servir d’exemple. La justice ne devrait faire preuve d’aucune complaisance et veiller à l’application rigoureuse des textes en vigueur. Il est urgent que la donne change afin de préserver des vies, parfois innocentes.
La Rédaction










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