Depuis plus d’une décennie, le Tchad est engagé dans une lutte acharnée contre la nébuleuse terroriste Boko Haram. Cette guerre asymétrique, marquée à la fois par des attaques lâches et des ripostes militaires d’envergure, continue de peser lourdement sur la sécurité nationale. Pour la première fois en 2015, le terrorisme a frappé directement la capitale, N’Djaména. Des attentats sanglants ont visé des lieux symboliques et très fréquentés, notamment le Grand marché et l’École nationale de police. Ces attaques ont choqué l’opinion publique et révélé la capacité du groupe terroriste à étendre son champ d’action bien au-delà de ses bastions traditionnels.
Depuis lors, la menace n’a jamais totalement disparu. Dans la province du Lac, les positions des Forces de défense et de sécurité (FDS) demeurent régulièrement prises pour cible. Les incursions de groupes armés, souvent menées avec rapidité et imprévisibilité, ont coûté la vie à de nombreux soldats et civils.
Face à ces agressions répétées, l’Etat tchadien a mené des ripostes avec fermeté. En 2020, après une attaque particulièrement meurtrière contre l’armée dans la région du Lac, les autorités ont lancé l’offensive militaire baptisée opération colère de Bohoma. Cette riposte d’envergure avait permis de neutraliser plusieurs combattants, de détruire des bases ennemies et de saisir d’importants arsenaux. Une action décisive qui avait, pendant un temps, affaibli les capacités opérationnelles de la secte Boko Haram.
Quelques années plus tard, une nouvelle attaque meurtrière contre une position de l’armée dans la province du Lac faisait plus de quarante morts parmi les soldats tchadiens. En réaction, le président de la République, Maréchal Mahamat Idriss Deby Itno, a lancé l’opération ‘’Haskanite’’, visant à traquer les combattants terroristes et à réduire leur capacité de nuisance dans cette zone stratégique.
Les événements récents montrent cependant que la menace demeure bien réelle. Dans la nuit du 2 mars 2026, une unité avancée des Forces de défense et de sécurité dans la zone du lac Tchad a été la cible d’une attaque. Le bilan fait état d’un soldat tué et de deux blessés.
Parallèlement aux affrontements militaires, les plus hautes autorités doivent également faire face à une réalité préoccupante : l’infiltration de réseaux terroristes jusque dans la capitale. En 2025, l’arrestation à N’Djaména de Muslim Mohammed Yusuf, fils du fondateur du groupe Boko Haram, a mis en lumière la persistance de relais liés à la secte terroriste au cœur même du pays.
Cette situation rappelle que la lutte contre le terrorisme ne saurait se limiter aux seules opérations militaires. Elle exige une vigilance permanente, un renforcement du renseignement et une coopération sécuritaire régionale plus étroite. Le Tchad paie un prix élevé dans cette guerre : des vies humaines fauchées, des familles endeuillées et des ressources financières considérables mobilisées pour préserver la sécurité nationale.
Face à cet ennemi invisible, capable de se réorganiser sans cesse et de frapper là où on l’attend le moins, la vigilance et la détermination doivent demeurer la boussole de la stratégie sécuritaire du pays. Il ne s’agit plus seulement de répondre aux attaques, mais d’anticiper, de prévenir et de neutraliser durablement les groupes terroristes avant qu’ils ne puissent porter leurs coups.
La Rédaction










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