Editorial : Les entraves à la politique genre

L’avènement de la démocratie au Tchad dans les années 1990, a ouvert le débat sur le respect du genre. Mais au départ, d’aucuns parlent du principe d’égalité et d’équité ; Pour d’autres, le genre résulte de l’élimination de toutes les formes de discrimination fondées sur le sexe. En clair, le concept peut être compris dans le sens de l’égalité de chances et la parité homme-femme. Après la Conférence de Beïjing en Chine en 1995 sur la question, le Tchad a véritablement commencé à se pencher sur la question du genre à travers des rencontres, ateliers et séminaires.

Si la notion est peu à peu comprise, sa mise en œuvre aussi connait un début d’exécution. Ainsi, en 2016, la politique nationale genre a été adoptée.  Six ans après, le gouvernement de transition Saleh Kebzabo du 14 octobre 2022 y consacre tout un département ministériel. Le chantier est bien vaste avec d’énormes défis du fait des mentalités et de l’influence socio-culturelle et religieuse. Ensuite, il faut déployer des moyens conséquents à la fois humains, matériels  et financiers.

Le Tchad est un pays solidement traditionnel avec des stéréotypes qui perdurent. Sous la gouverne d’un régime patriarcal, l’homme incarne de la puissance dominatrice et législatrice. Son autorité dicte le code de conduite de vie. Certaines inégalités entre les hommes et les femmes sont un frein à la réussite du respect de genre. La coexistence des droits moderne, coutumier, et religieux, impose une autre dialectique qui n’est pas de nature à améliorer la situation. En principe, le cadre institutionnel et légal défini, le respect du genre ne doit souffrir d’aucun rejet. Mais dans la pratique, l’on a du mal à mettre en application les textes.

Le chantier reste entier pour le département ministériel consacré à la question genre. Le défi nécessite une approche participative avec une synergie d’actions impliquant les différents acteurs concernés par la problématique. La communication demeure l’une des armes pour réussir à rendre fluide la compréhension mais aussi le respect du concept genre. Ainsi, un partenariat avec le ministère de la Communication serait utile pour développer une approche communicationnelle directe et indirecte et des stratégies de leur mise en œuvre afin de toucher aussi bien les décideurs que des populations.

Dans le même élan, les femmes doivent être impliquées dans la dimension communicationnelle afin d’arriver à une compréhension commune de la problématique. Dans ce cas, l’option efficace serait une communication de proximité pour arriver à un changement positif de mentalités. « Aux gros maux, de gros moyens », dit un adage. Ainsi, le ministère du Genre et de la Solidarité nationale qui a du pain sur la planche doit agir avec tact mais courage pour faire respecter le principe de parité à tous les niveaux dans les postes nominatifs et électifs. Ce serait le début de l’effectivité de la prise en compte du genre qui découle simplement des droits de l’homme.

La Rédaction  

 

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