Culture Tchad

Éditorial : Les trésors de la lecture

Lancé officiellement le jeudi 6 novembre 2025 à la Bibliothèque nationale, le Mois du livre et de la lecture, désormais ancré comme une tradition culturelle importante au Tchad, célèbre sa 9ème édition. Placée sous le thème évocateur : « Écrire pour raconter le Tchad autrement », cette édition met l’accent sur la puissance de l’écriture comme outil de narration et de revalorisation de l’histoire nationale. Ce mois met en lumière l’inestimable pouvoir des mots, soulignant que le livre est à la fois une fenêtre ouverte sur le monde et un miroir fidèle de la société. Cette thématique, selon le ministère de la Culture, est révélatrice de la volonté des autorités de revisiter le récit tchadien et d’offrir une image renouvelée du pays à travers ses voix et ses plumes. Et bien plus loin, de procéder à la réécriture de l’histoire collective, de manière à débarrasser l’imaginaire national des clichés et préjugés hérités du passé afin de redonner aux Tchadiens la fierté et la pleine connaissance de leur histoire.

Point n’est besoin de rappeler que le livre est un vecteur de paix et un instrument de dialogue. Il est une précieuse richesse à léguer. Quand on parle de lecture, les regards sont automatiquement tournés vers les élèves et les étudiants comme si les hauts cadres ne sont pas concernés. Or, l’importance du livre et de la lecture n’est plus à démontrer. C’est à juste titre qu’a déclaré Albert Einstein : « Dès que tu cesses d’apprendre, tu commences à mourir ». Comme tel, les différentes strates de la société sont à remobiliser avec tact et méthode pour développer la culture intellectuelle. C’est l’occasion tout indiquée de se demander pourquoi les Tchadiens ne lisent-ils pas ? Pourquoi les bibliothèques, les librairies et autres salles de lecture ne sont-elles pas très fréquentées ? Comment inculquer aux générations présentes et futures l’amour du livre, en leur offrant des espaces d’expression et d’apprentissage qui favorisent la créativité, la transmission et la réappropriation de l’histoire nationale ? La plupart de ceux qui étaient de bons lecteurs sur les bancs de l’école sont préoccupés par d’autres soucis. L’acquisition des connaissances à travers les livres est de moins en moins le sport favori des intellectuels. Ceux-ci doivent, pour se perfectionner, lire régulièrement des ouvrages dans leur domaine de compétence. Hélas, la situation sociale, la paresse et d’autres raisons ont émoussé leur soif du savoir. La culture de l’oralité a pris le dessus. 

Consciente que la littérature et la lecture sont des leviers essentiels de la construction identitaire, l’intelligentsia nationale doit également se mettre au-devant de la scène pour s’engager à faire des émules dans les différents domaines. Le premier niveau de la recherche, c’est la lecture. Dans ce siècle, tout pays a, pour se développer, besoin de diversifier les recherches. Pour assurer l’émergence du Tchad, la culture de la lecture, la soif de la connaissance et l’excellence sont à développer dans tous les milieux. Il est temps de battre en brèche et faire douter ceux qui croient que pour cacher une chose à un Noir, il faut la mettre dans un livre.

 La Rédaction

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