ATPE Editorial Tchad

Éditorial : Maîtriser l’inflation

L’inflation désigne l’augmentation générale et durable des prix des biens et des services dans une économie. Lorsqu’elle reste faible et maîtrisée, elle constitue un phénomène économique normal. En revanche, lorsqu’elle s’installe durablement à un niveau élevé, elle fragilise l’économie, réduit le pouvoir d’achat des ménages et complique les décisions des entreprises.

À N’Djaména comme dans les provinces, l’inflation touche de plein fouet les produits de première nécessité. Chaque mois, les consommateurs constatent une nouvelle hausse des prix sur les marchés et dans les boutiques. Plus inquiétant encore, ces prix ne reviennent presque jamais à leur niveau initial. Cette flambée des coûts alourdit considérablement le panier de la ménagère et met les familles en grande difficulté.

Pour les travailleurs rémunérés au Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti (SMIG), la situation devient de plus en plus préoccupante. Entre le paiement du loyer, les dépenses de transport, la scolarité des enfants, les soins de santé et les autres charges quotidiennes, joindre les deux bouts relève désormais d’un véritable défi. De nos jours, même le fonctionnaire ordinaire éprouve d’énormesdifficultés. Entre les contraintes économiques et le pouvoir d’achat, le loyer, l’eau et l’électricité sont des fonctions croissantes sans compter les autres obligations.

Plus surprenant encore est l’augmentation continue des prix des produits agricoles cultivés localement. Les tomates, les concombres, les patates, les taros, les arachides, les haricots, les citrons ou encore les mangues, pourtant produits localement, sont vendus à des prix excessifs. Les commerçants justifient cette hausse par le coût du transport et du carburant. Si ces facteurs peuvent expliquer une partie de l’augmentation, ils ne sauraient justifier des marges parfois abusives, en l’absence d’un contrôle efficace des autorités compétentes.

Cette situation nourrit un profond sentiment d’injustice et accentue les difficultés des populations les plus vulnérables. L’État ne peut rester spectateur face à cette flambée des prix. Il lui appartient de renforcer les mécanismes de contrôle des marchés, de lutter contre les pratiques spéculatives et de veiller au respect des prix lorsque cela est nécessaire.

Le Ministère du Commerce et de l’Industrie et la Chambre de Commerce, d’Industrie, d’Agriculture, des Mines et de l’Artisanat, doivent prendre cette situation à bras-le-corps. Des équipes de contrôle doivent être déployées de manière permanente afin de surveiller les prix et de sanctionner les abus. Faute de mesures rapides et efficaces, le mécontentement social pourrait s’amplifier par la faute des commerçants et par la passivité des pouvoirs publics à différents niveaux.

Malheureusement, sur le terrain, les pratiques montrent que la décision de maintenir le statu quo est bien plus puissante que les mesures de régulation.  Mais pour quel intérêt ?

La Rédaction

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