Editorial

Éditorial : Mettre fin au calvaire

La qualité des services fournis par les deux principales compagnies de téléphonie mobile continue de susciter des débats au sein de la population tchadienne. Les plaintes de leurs clients sont identiques et sans solution durable depuis plusieurs années. Elles sont relatives aux interruptions intempestives de la connexion internet, des appels et la réception des messages publicitaires non sollicitées. A celles-ci s’ajoutent des difficultés comme la faible couverture du pays en réseau, des tarifs de communication excessifs, des pratiques assimilées à de l’arnaque sur la gestion des crédits, etc.

Chaque année, les ministres en charge des Télécommunications sont interpellés par la représentation nationale pour fournir des explications. Mais très souvent, les débats sont hautement techniques, donc difficilement compris d’une grande partie de la population. Les deux réseaux mobiles continuent de monopoliser le secteur et dominer le marché. La dernière interpellation de Dr Boukar Michel, ministre des Télécommunications, de l’Economie numérique et de la Digitalisation de l’administration publique le 26 septembre 2025, n’a pas non plus donné grand-chose quant à l’amélioration des services des deux réseaux mobiles dominants du pays en termes de qualité.

En l’état actuel des choses, les mêmes questions se posent. Quel est le niveau de respect du cahier de charges de ces opérateurs ? Quelle est la responsabilité de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP), si des manquements sont constatés et documentés ? Des sanctions ont-elles été prises ? Et que valent, à ce jour, ces sanctions ? Autant d’interrogations que les seules questions orales avec débats au parlement ne peuvent solutionner.

Dans un pays, tout se joue sur le marché de la concurrence pure et parfaite. Mais nous avons deux entreprises rivales de nom. Au fond, deux complices en situation de monopole pour arnaquer les paisibles citoyens. Le monopole du secteur détenu par Airtel et Moov Africa, pour les citer nommément, contribuent grandement aux malheurs des Tchadiens. Les députés, en proposant la relance de la seule compagnie nationale, Sotel-Tchad, ont vu juste. Cette proposition également pose la question de l’ouverture du secteur à la concurrence comme l’une des pistes de solution. La compétition va appeler chaque opérateur à s’auto-évaluer, s’améliorer et proposer des meilleures offres à sa clientèle. Mais, au-delà de tout, c’est du côté du régulateur l’ARCEP que les regards se tournent. Elle doit diligenter des missions de contrôle, relever les failles, proposer des réajustements et surtout sanctionner en cas de récidive. Ces sanctions doivent être effectives, exemptes des manœuvres de corruption afin d’enterrer définitivement ce problème qui n’a que trop duré.

La Rédaction 

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ATPE

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