Au cours de la traditionnelle cérémonie de présentation des vœux du nouvel an, le chef de l’Etat a eu des mots durs pour fustiger des pratiques anti-républicaines et contraires aux codes administratifs de ses collaborateurs. Sans passer par le dos de la cuillère, Maréchal Mahamat Idriss Deby Itno a dénoncé des « trahisons » au sommet de la hiérarchie de l’appareil étatique. Les documents confidentiels, les secrets de délibérations des conseils des ministres, les comptes rendus des réunions se retrouvent sur la place publique et sont illustratifs des dérives, sinon des déviances rappelées avec force par le président de la République.
Le recadrage du chef de l’Etat fait écho à plusieurs scandales qui ont alimenté les réseaux sociaux ces derniers temps. Pour sûr, une telle mise au point révèle un profond malaise au sein de la haute administration, au sommet de la République. Au-delà de la présidence de la République, c’est toute l’administration tchadienne qui traîne cette casserole : celle de s’exprimer trop librement, sans retenue ni réserve, divulguant délibérément ou par ignorance, tout de ce qui devrait demeurer un secret. Un dysfonctionnement préjudiciable voire inacceptable et intolérable.
Partout dans le monde, chaque corps de métier ou administratif perpétue le principe du secret professionnel, nécessaire à son efficacité et à sa sécurité. Etre appelé à servir au centre des décisions comme la Présidence de la République est, certes, un honneur et un privilège. Néanmoins, il s’accompagne des obligations de discrétion, de retenue, de discernement, d’exemplarité et de rigueur. Ces obligations ne sont pas négociables dans un contexte mondial déjà marqué par l’espionnage en ces temps de conflits permanents où les intérêts de chaque Etat priment sur l’action commune.
En exigeant plus de responsabilité, et en annonçant des sanctions conformes aux lois du pays, le chef de l’Etat relance le débat sur le profil et la moralité des commis de l’Etat. Le choix porté sur les serviteurs de la République au plus haut niveau doit s’appuyer sur des critères objectifs et clairs sans interférences politiques. Mais, la probité morale, la loyauté et la confiance de ces personnes haut placées devraient être scrutées à la loupe afin d’éviter des situations inconfortables et regrettables.
Le dernier recours reste justement des sanctions. A ce niveau également, il est temps de passer de la parole aux actes, sévir pour servir d’exemple, le tout dans la transparence républicaine. Faire preuve d’autorité en la manière demande des sacrifices, le courage de faire des mécontents dans l’intérêt supérieur de la nation. C’est sur ce terrain que réside la bataille, et il faut la gagner, à tout prix, au nom de l’image et de la crédibilité du Tchad éternel à préserver aux yeux du monde.
La Rédaction










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