L’histoire politique du Tchad a toujours été jalonnée de moments de dialogue, que ce soit dans des cadres formels ou lors de rencontres ponctuelles. Le dénominateur commun de ces démarches demeure la recherche du consensus, indispensable à la paix et au développement du pays. L’installation du bureau d’un organe consacré à la concertation entre les acteurs politiques, le mardi 10 février 2026, donne l’occasion de réfléchir encore sur l’enjeu et l’impact de cette plateforme politique. Avec le Cadre permanent de dialogue politique (CPDP), le Tchad compte désormais au moins trois instances de consultation politique. Déjà en 2007, le pays avait institué le Cadre national de dialogue politique (CNDP), puis, en 2023, le Cadre national de concertation des partis politiques (CNCP). Les objectifs sont restés les mêmes : promouvoir le dialogue, encourager la participation inclusive des partis politiques aux processus électoraux et assurer la médiation au sein des formations politiques.
Disposer d’un cadre formel pour débattre des questions d’intérêt commun et apaiser les tensions est certes nécessaire. Cependant, la question fondamentale se situe ailleurs : pourquoi changer si souvent de dénomination ? Le problème réside-t-il réellement dans les appellations ? Quelles leçons ont été tirées des expériences passées avant la mise en place d’une nouvelle instance ?
Répondre à ces interrogations est essentiel pour commencer à esquisser des pistes de solutions prometteuses. Identifier les causes des dysfonctionnements passés permettra de comprendre où se situe réellement le problème. Les faits sont têtus, dit-on. Sans cette démarche lucide, le chemin vers une stabilité durable restera long. Trop souvent, la classe politique tchadienne offre aux citoyens un spectacle peu reluisant : querelles d’ego, conflits d’intérêts et attaques personnelles par médias interposés.
Les Tchadiens ont pourtant compris l’importance du dialogue. En remontant plus loin dans l’histoire, plusieurs accords ont été signés, des forums et des conférences ont été organisés. Parmi les plus marquants figurent les Accords de Kano I et II, la Conférence nationale souveraine (CNS), l’accord de Doha et le Dialogue national inclusif et souverain (DNIS). D’ailleurs, le président de la République, Maréchal Mahamat Idriss Deby Itno, ne cache pas son attachement à une paix fondée sur le dialogue. La création de cette nouvelle instance s’inscrit sans nul doute dans la continuité de sa politique de la main tendue.
Le véritable nœud du problème entre les acteurs politiques tchadiens réside avant tout dans la confiance, la responsabilité, la constance et la sincérité de l’engagement. Dialoguer pour dialoguer n’a jamais constitué une solution durable, où que ce soit dans le monde. C’est dans un processus de dialogue sincère que les Tchadiennes et les Tchadiens doivent s’engager, en faisant preuve de courage, de franchise et de respect mutuel. C’est à ce prix seulement que les démons du passé pourront être définitivement conjurés et laisser place à des pratiques politiques nouvelles et responsables.
La Rédaction










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