Editorial

Éditorial : Promouvoir les compétences

Le Tchad regorge de talents. Des ingénieurs, des économistes, des auditeurs, des communicants, des informaticiens, des architectes, des journalistes, des juristes, des agronomes et bien d’autres professionnels compétents qui ont été formés dans les universités et les grandes écoles du pays ou à l’étranger. Pourtant, lorsqu’il s’agit de réaliser de grands projets d’insfrastructures, de conduire des études stratégiques, de mettre en place un systéme de gestion des finances publiques, de digitaliser l’administration publique, ou de mettre en œuvre des missions d’expertise, les regards se tournent souvent vers l’extérieur. L’on doit se poser la question : pourquoi les compétences locales continuent-elles d’être reléguées au second plan ? Dans plusieurs secteurs, le constat est visible. Les grands chantiers de construction sont souvent confiés à des entreprises étrangères qui arrivent avec leurs  experts et parfois même leur propre main-d’œuvre. Les missions d’audit, de conseil ou de suivi-évaluation sont  attribuées à des cabinets venus d’ailleurs.

Cette situation est due au manque de confiance préoccupant envers les compétences locales et surtout à l’absence de qualifications dans certains domaines. D’où le retard accusé dans l’exécution des travaux, sans oublier leur qualité qui laisse souvent à désirer. Dans ces cas figurent les chantiers de construction du siège de l’Agence Tchadienne de Presse et d’Edition (ATPE) et du centre commercial de la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale (CNPS) qui tirent en longueur.  Cet état de chose constitue un manque à gagner pour le pays. Car comment bâtir « Le Tchad que nous voulons », si les nationaux ne sont pas à même d’arracher les opportunités qui se présentent à eux? Les partenariats avec des entreprises et des experts étrangers sont nécessaires, mais ces collaborations devraient servir à renforcer les capacités nationales et non à les remplacer.

Le problème est que trop souvent, les compétences locales sont réduites à un rôle d’observateurs alors qu’elles devraient être au cœur de l’action. Les entreprises locales, faute de marchés importants, ont du mal à se développer et à devenir compétitives.

Cette dépendance excessive à l’expertise étrangère a également un coût économique considérable. Des milliards de francs CFA quittent chaque année le pays sous forme d’honoraires, de prestations et de contrats. Une partie de ces ressources pourrait pourtant contribuer à renforcer les entreprises locales, créer des emplois et stimuler l’économie nationale.

Le salut et le progrès du pays ne viennent jamais d’ailleurs. Le Tchad doit renforcer ses propres compétences. Il est temps de former des ingénieurs et chercheurs dans plusieurs domaines et performer ses architectes et entrepreneurs pour répondre aux besoins du marché national et international. Valoriser les compétences nationales n’est pas un acte de favoritisme. C’est un choix pour que le Tchad soit au même diapason que les autres pays en termes de développement. Ceci doit d’abord s’appuyer sur l’intelligence et le savoir-faire.

Les compétences nationales dans divers domaines doivent bénéficier des soutiens conséquents et mis au profit de l’intérêt national. C’est de cette manière seulement que le Tchad pourra asseoir sa souveraineté de manière durable.

La Rédaction

À propos de l'auteur

ATPE

Ajouter un commentaire

Cliquez ici pour poster un commentaire