Le Tchad a élaboré sa vision globale de développement pour les cinq prochaines années dans un Plan National de Développement (PND), Tchad connexion 2030. Laquelle a reçu l’agrément des bailleurs de fonds, décideurs politiques et institutions financières internationales, les 10 et 11 novembre 2025 à Abu Dhabi. La table ronde de son financement a été un franc succès au regard de la mobilisation des acteurs et des promesses de fonds recueillies. Plus de 20 milliards de dollars américains mobilisés, plusieurs mémorandums d’entente d’accords et de conventions signés. Pour beaucoup d’observateurs, la moisson a été abondante. Sur le plan de vision, le PND, Tchad connexion 2030 est une forme de développement qui s’appuie sur le partenariat public-privé soutenu par de nombreuses potentialités dont regorge le pays de Toumaï. Il couvre les 268 projets structurants, touchant tous les secteurs prioritaires pour placer le pays sur l’orbite du développement à l’échelle régionale et continentale. L’assentiment du monde financier d’Abu Dhabi est, certes, un signal positif justifié par la faisabilité des projets présentés. Mais, ce n’est pas suffisant.
Tchad connexion 2030 n’est pas le premier Plan National de Développement du pays. C’est le troisième de l’histoire après les Stratégies Nationales de Réduction de la Pauvreté (SNRP), phases 1 et 2 et la Stratégie Nationale de Bonne Gouvernance (SNBG), phase 1. A ce niveau, il est judicieux de tirer les leçons des expériences passées pour partir, cette fois-ci, sur de bases solides et prometteuses. Au-delà des promesses et dans le souci de réussir l’actuel PND, le pays se doit de réunir des conditions préalables et indispensables à l’investissement privé et surtout étrangers. Certaines imminentes personnalités l’ont, d’ailleurs, relevé à l’ouverture de la table ronde, évoquant des questions de la permanence de l’énergie, de l’eau et d’une main d’œuvre de qualité et en nombre.
Fort des promesses, le Tchad est à la croisée des chemins. Il doit relever les défis en termes de confiance et de crédibilité auprès des financiers et des investisseurs internationaux. Car, toutes les annonces de financement ne peuvent être des réalités au bénéfice des Tchadiennes et Tchadiens que si elles trouvent un environnement propice à leurs réalisations. Pour ce faire, un élan patriotique est capital et des efforts sont attendus sur le terrain de la gouvernance, de l’amélioration du climat des affaires et, surtout du sens du bien commun et de changement des mentalités. S’il est vrai que le pays a fait un grand pas dans l’amélioration du climat des affaires avec le guichet unique de création des entreprises, beaucoup reste encore à faire. Tendre vers une digitalisation complète afin de réduire le temps des démarches et fiabiliser le processus serait l’une des solutions innovantes. Aussi, l’assurance accordée par les plus hautes autorités du pays va-t-elle permettre aux investisseurs et aux opérateurs économiques de participer efficacement au développement du Tchad.
Rédaction












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