Chaque année, à N’Djaména, les inondations reviennent avec leur lot de désolations. Rues impraticables, voies bitumées submergées, caniveaux obstrués, quartiers sinistrés, Gaoui isolée du reste de la capitale. À ces dégâts matériels s’ajoutent les conséquences sanitaires, avec la prolifération des moustiques et la recrudescence du paludisme. Face à cette situation devenue presque cyclique, un sentiment d’impuissance s’installe. Tout se passe comme si le Comité national de prévention et de gestion des inondations exécutait ce que l’on appelle communément la « danse Bafia » : un pas en avant, un pas en arrière. Les saisons des pluies se succèdent, mais les mêmes scènes se répètent inlassablement. Après chaque forte pluie, la capitale devient méconnaissable, révélant, une fois de plus, les insuffisances de la politique de prévention.
Pourtant, la lutte contre les inondations ne saurait se limiter à des interventions d’urgence. Elle exige une planification rigoureuse, une coordination efficace entre les différents acteurs et un entretien permanent des ouvrages d’assainissement, bien avant les premières précipitations. La visite d’inspection effectuée, le mardi 30 juin 2026, par le Premier ministre, Ambassadeur Allah Maye Halina, accompagné de quelques membres du gouvernement, des maires d’arrondissement et de l’équipe du projet Pilier, a mis en lumière l’ampleur du problème. En se rendant sur les principaux ouvrages de drainage et les infrastructures routières, le chef du gouvernement a, lui-même, constaté l’état préoccupant des installations.
Au terme de cette visite, Allah-Maye Halina a ordonné une série de mesures urgentes. Il a instruit le Comité national de prévention et de gestion des inondations d’intensifier immédiatement les opérations de nettoyage des ouvrages d’assainissement dans l’ensemble de la capitale. Il a été exigé l’accélération des travaux de curage ainsi que l’achèvement des infrastructures en cours.
Ces décisions sont certes salutaires, mais elles ne produiront leurs effets que si elles sont suivies d’actions concrètes et durables. Les N’Djaménois ne veulent plus de promesses répétées au rythme des saisons. Ils attendent des résultats, des infrastructures entretenues et une véritable politique de prévention. Car, face aux inondations, l’urgence n’est plus de constater les dégâts, mais d’empêcher qu’ils ne se reproduisent.
En effet, quand un problème s’éternise et que sa périodicité est connue, il faut faire un diagnostic profond et déceler ce qui sert d’entrave. La transversalité de la question des inondations voudrait que les décisions se fassent de façon inclusive. Or sur le terrain, les infrastructures routières et de drainage sont pour la plupart réalisées comme s’il n’y a aucune levée topographique préalable.
Le moment est donc venu de revisiter la manière de faire qui a perduré jusque-là. La responsabilité de la situation actuelle ne peut être imputée à une seule structure. Elle est la résultante des négligences accumulées au fil des ans par l’ensemble des parties, y compris les populations. Passé le temps des imputations, il faut penser à une nouvelle approche qui donne sa place aux techniciens des différents domaines concernés.
La Rédaction











Ajouter un commentaire