Editorial

Éditorial: Un 3ème recensement après 17 ans

Le Tchad est à pied d’œuvre pour organiser le 3ème Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH-3). Les deux premiers étant réalisés en 1993 et 2009. Actuellement, les opérations de cartographie censitaire et le dénombrement pilote dans 13 communes du pays constituent une étape décisive vers le recensement, proprement dit, projeté au second semestre de l’année 2026.

La maîtrise de l’effectif de la population reste un maillon important pour un Etat ou tout autre décideur dans ses choix politiques.  A l’échelle d’un pays, les données démographiques issues du recensement ont valeur d’outils d’aide à la décision pour la formulation des projets de développement, leur implémentation et leur suivi. Le développement, n’étant pas une improvisation, chaque politique suit des indications statistiques pour soit, implanter une école ou un centre de santé, soit répondre aux besoins en eau ou en électricité en fonction de la demande réelle.

Le RGPH-3 intervient 17 ans après le recensement de 2009. Cela représente 17 ans de retard par rapport aux exigences des Nations Unies qui recommande un dénombrement général de la population tous les 10 ans. En lien avec l’importance que revêtent les données démographiques dans le déploiement et l’évaluation des politiques publiques, un tel retard a, d’une certaine manière, impacté les actions de développement entreprises au profit des citoyens pendant tout ce temps.

Depuis 2009, l’Institut national de la statistique, des études économiques et démographiques (INSEED), procède régulièrement à des projections pour déterminer l’effectif de la population tchadienne. Mais, à vrai dire, les données démographiques vieilles de plus de 10 ans ne reflètent pas les réalités de l’heure. Il est nécessaire de concrétiser ce projet d’un 3ème recensement pour corriger les manquements relevés par les techniciens mais aussi par le secrétaire général du ministère des Finances, du Budget, de l’Economie, du Plan et de la Coopération internationale, Bidjéré Bindjaki, récemment à la session du Comité technique du RGPH-3.

Les questions de recensement de la population sont associées à la souveraineté de chaque Etat. N’empêche que le soutien des partenaires au développement, lesquels sont consommateurs des données statistiques du pays, soit capitalisé à temps pour rester dans les standards internationaux. En même temps, l’adhésion des citoyens, nécessaire à la réussite du recensement, doit être facilitée par des campagnes d’information et de sensibilisation.

Plusieurs innovations sont introduites dans les opérations de recensement de 2026.  Le recensement sera couplé à celui de l’agriculture afin de disposer des données harmonisées et intégrées. Une avancée notable pour le gouvernement qui aura, en plus du nombre de sa population, une cartographie agricole précise avec des atouts et des faiblesses selon les endroits. L’autre nouveauté majeure reste l’utilisation de la technologie dans la collecte, le traitement et l’analyse des informations pour s’assurer de la qualité et de la fiabilité des données. Car, avoir les données est une chose, mais leur fiabilité en est une autre.

La Rédaction

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