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Enseignement supérieur : Une vision et des attentes

Le gouvernement du 1er avril se met en place. Le mardi 7 avril 2026, Dr Sitack Yombatinan a pris son quartier général au Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche Scientifique et de la Formation professionnelle, laissé il y a deux mois par Dr Tom Erdimi, démissionnaire. Entre bilan et perspectives, les défis subsistent pour le nouveau chef du département.

En fixant le cadre, la ministre Secrétaire Générale du Gouvernement, Dr Ramatou Mahamat Houtouin a rappelé que la passation de service matérialise le principe de la continuité des services gouvernementaux. Celle d’Appoline Moudalbaye comme Secrétaire d’Etat qui cède la place à Dr Khadidja Adoum  Attimer et de Dr Sitack Yombatinan n’échappe pas à cette règle.

En sa qualité d’intérimaire depuis le départ de Dr Tom Erdimi, Appoline Moudalbaye a dressé le bilan d’un Ministère en pleine réformes, avec ses difficultés mais sur de bons rails. Elle en a pour preuve la stabilisation du calendrier académique, l’équipement des universités, la création des incubateurs universitaires pour donner de la valeur ajoutée au contenus académiques en rapport avec les besoins de la société, la construction ou l’extension des infrastructures dans plusieurs provinces, ou l’ouverture de nouvelles filières afin d’adapter la formation à l’offre d’emploi, etc. La Secrétaire d’Etat sortante a aussi noté le renforcement des capacités des enseignants par la mobilité universitaire, la formation continue et la coopération scientifique, soutenant que la stabilité au niveau du calendrier donne de la crédibilité aux universités tchadiennes. Des acquis qu’elle appelle à capitaliser et consolider.

Enseignant-chercher, le nouveau ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de la Formation professionnelle, Dr Sitack Yombatinan, montre des signes de celui qui connaît là où il pose ses valises. Son discours mesuré mais plein de vision rassure qu’il est conscient des difficultés et de l’immensité du chantier.  Il a lancé des clins d‘œil à l’endroit des différents acteurs de l’enseignement supérieur. Aux enseignants collaborateurs et étudiants, il a appelé à une collaboration soutenue pour la réussite commune. « Nous relèverons les défis de l’enseignement supérieur (…) avec intégrité, dévouement, humilité, loyauté mais aussi et surtout avec le concours et la collaboration de tous. Nous ne sommes  pas sur un champ de ring, ni de compétition déloyale », a-t-il lancé.

Le ministre, Dr Sitack Yombatinan, a rappelé que l’enseignement supérieur est l’affaire de tous. Il a plaidé pour moins de bureaucratique et plus d’investissement dans la créativité, la pro-activité et la technicité. Afin de mettre en œuvre sa vision d’un enseignement compétitif aux plans académique, de recherche appliquée et stratégique, de l’innovation, le ministre le sait, l’argent restera le nerf de la guerre.  Il l’a fait savoir sans ambages. « (…).Nous développerons des stratégies pour capter l’argent et le réinjecter dans la recherche scientifique. Il y a ce que le ministère des Finances peut faire, ce que la coopération internationale peut faire ou ce que la solidarité gouvernementale peut aussi le faire », soulignant  le caractère multidimensionnel et transversal de l’enseignement supérieur.

En plus de la vision, des belles paroles et de la prise de conscience, le ministre est surtout attendu sur le terrain de l’action. Le contenu des enseignements dans les universités tchadiennes, la structuration des écoles de formation, la décentralisation effective du centre national des œuvres universitaires, la question des primes de recherche des enseignants, le manque des infrastructures pour certaines universités, l’effectif insuffisant du corps enseignant, etc. sont des chantiers à engager sans attendre. Reste aussi la question d’autonomie d’action qui, elle, reste tout aussi entière.

Blaise Mbaïadoumbeye    

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