Sécurité Tchad

Évènements de Sandana : Les présumés auteurs derrière les barreaux

La Cour criminelle d’Appel de Sarh présidée par Ali Abdoulaye, a été délocalisée à la maison d’arrêt correctionnelle de Klessoum pour l’affaire du village Sandana dans la province du Moyen-Chari. Le procès est ouvert le jeudi 21 novembre 2025. Les présumés auteurs de ces événements qui se sont déroulés le 26 août 2019 et le 09 février 2022, Mahamat Chahit alias Garam et son complice Adjarat Moussa sont poursuivis pour crimes, assassinats, détention illégale d’armes de guerre, vol aggravé destruction des biens et association des malfaiteurs.

L’accusé principal des évènements de Sandanan Mahamat Chahit alias Garam a été condamné par contumace en 2023 par la Chambre d’accusation de Sarh à une prison à vie. Il a été appréhendé par les forces de sécurité en septembre dernier à Haraze Mangué dans la province du Salamat et ensuite transporté à la coordination de la police judiciaire de N’Djamena. Le procureur général près la Cour d’Appel de Sarh, Mathias Daoudongar a, dans sa réquisition, indiqué que ces assises criminelles ont été délocalisées à N’Djamena pour des raisons de sécurité. Le ministère public réaffirme son engagement à poursuivre tous les criminels et ceux qui vont s’aventurer à créer des troubles à l’ordre public et ôter la vie aux autres. Le procureur a requis la même peine prononcée en 2023, c’est-à-dire la réclusion à perpétuité pour Mahamat Chahit alias Garam et son acolyte Adjarat Moussa. Le procureur a demandé à ce que les prévenus aillent purger leurs peines à la prison de haute sécurité de Koro toro.

Les accusés ont nié tous les faits qui leur sont reprochés. Toutefois, selon Me Midaye Guerimbaye conseil de la partie civile, Mahamat Chahit, Adjarat Moussa et certains de leurs complices ont bien et bel perpétré des massacres, emporté les bœufs et incendier des cases dans le village Sandana. Le chef de village de Sandana Donamingué a témoigné qu’il a vu Mahamat Chahit alias Garam tiré sur la foule. « C’était un dimanche aux environs de 13 heures. Nous revenons de l’église au nombre de 6 ou 7 personnes. Garam est arrivé sur un cheval de robe noire et il a ouvert le feu sur nous devant chez moi. Tout le monde a fui. Ceux qui étaient blessés, ont succombé suite à leurs blessures. J’ai vu Garam tué. Garam a épousé notre fille, on le connait très bien », témoigne-t-il.

Le conseil de la partie civile a plaidé pour une condamnation à vie, car selon les avocats les faits sont graves, parce que Mahamat Chahit alias Garam détient des armes de guerre. Aussi, le conseil a exigé une réparation de 200 millions de francs CFA pour les préjudices subis par les parties civiles. Cependant, Me Noudjasdé Marius a souligné un problème de matraquage médiatique à l’égard de ses clients. Il a également contesté la décision, condamnant son client Garam par contumace, parce qu’il n’a pas été entendu.

Que ce soit les évènements de 2019 ou ceux de 2022 qui se sont passés au village Sandana, les causes sont les mêmes : conflits intercommunautaires, notamment éleveurs/agriculteurs qui se disputent les champs. Le verdict est attendu dans les prochains jours.

Kary   Amadou

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