Du 4 au 10 mai, se tient la 3eme édition du festival « Au Cœur de l’Art », à N’Djaména placée sous le thème : « Réimaginer l’éducation », les organisateurs entendent élargir la conception de l’éducation au-delà du cadre scolaire classique.
Lors de l’événement, le directeur général de l’Espace « Au Nom de l’Art », Banda Samandare, a appelé à repenser la manière dont l’éducation est perçue au Tchad. « Aujourd’hui, beaucoup de citoyens réduisent l’éducation à l’école. Pourtant, elle commence à la maison, dans la rue, à l’église, à la mosquée, et dans tous les espaces de vie », a-t-il déclaré. Pour concrétiser cette vision, un espace dédié, baptisé « Village de l’éducation », a été mis en place. Ce cadre accueille des élèves du primaire, du collège et du lycée, venus participer à des ateliers interactifs qui mêlent apprentissage et création artistique.
« Nous voulons montrer aux enfants que ce qu’ils apprennent en dehors de l’école a aussi de la valeur », a expliqué Banda Samandare. Au centre du dispositif, l’art est utilisé comme un outil d’expression et de transmission. Théâtre, conte et musique permettent aux participants d’explorer leurs émotions et de partager leurs expériences. « L’art permet d’exprimer ce que les mots n’arrivent pas toujours à dire », a-t-il souligné.
L’événement s’ouvrira également aux étudiants des universités à travers des ateliers et des panels réunissant experts et artistes de renom, dont le Sénégalais Didier Awadi et A’salfo du groupe « Magic System ». L’objectif est d’inspirer les jeunes en leur présentant des parcours professionnels diversifiés.
Malgré des contraintes financières, notamment le désengagement de certains partenaires, les organisateurs ont maintenu l’essentiel des activités. « Nous avons préféré adapter certaines activités plutôt que de reporter le festival », a confié le directeur général.
Au-delà des activités, Banda Samandare a livré un message sur l’importance de la culture. « La culture, c’est ce qui reste quand tout le reste est oublié. C’est elle qui nous définit en tant que peuple », citant un écrivain contemporain pour appeler à également valoriser les méthodes éducatives traditionnelles comme les contes autour du feu. Il a, par ailleurs, plaidé pour une meilleure reconnaissance des métiers artistiques. « L’art est un métier noble. On peut en vivre, voyager et représenter dignement son pays ».
Sur le terrain, les élèves témoignent d’une expérience marquante. Beaucoup découvrent pour la première fois des activités artistiques et artisanales. « J’ai vu beaucoup de choses ; mais c’est la poterie qui m’a le plus impressionné. À mon retour, je vais demander à mon père s’il accepte que je fasse ce métier plus tard », confie une jeune participante. Une autre élève se réjouit de cette opportunité inhabituelle. « J’aime faire des choses que je ne peux pas faire à l’école. Aujourd’hui, j’ai eu cette occasion, je suis très contente», raconte-t-elle.
Pour certains, la découverte dépasse les attentes. « Je pensais que ce genre d’environnement n’existait que dans les dessins. Aujourd’hui, j’ai vu que ça existe réellement. J’ai l’impression de rêver», témoigne un élève émerveillé. L’expérience a renforcé également leur perception de l’école. « C’est aujourd’hui que j’ai compris l’importance de l’école. Sans elle, je n’aurais pas découvert tout ça », affirme un autre.
Zara Sakawa Abba-meï












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