À l’occasion de la Semaine mondiale du glaucome, célébrée chaque année, du 8 au 14 mars, le coordonnateur du Programme national de lutte contre la cécité (PNLC), Dr Mahamat Adam Dicko, appelle la population à se faire dépister régulièrement. Cette maladie oculaire, souvent asymptomatique à ses débuts, peut entraîner une perte irréversible de la vision si elle n’est pas détectée à temps.
Selon le coordonnateur du Programme national de lutte contre la cécité (PNLC), Mahamat Adam Dicko, la prévention reste la meilleure arme contre cette pathologie. «La solution contre le glaucome, c’est la prévention. Le dépistage précoce reste aujourd’hui le seul moyen de prévenir les complications de la maladie», souligne-t-il. Le glaucome est une affection qui touche le nerf optique, chargé de transmettre les informations visuelles de l’œil vers le cerveau. Cette maladie évolue lentement et de manière silencieuse, raison pour laquelle les spécialistes la surnomment souvent “le voleur silencieux de la vue “.
Dans la plupart des cas, les patients ne ressentent ni douleur ni gêne au début de la maladie. La baisse de vision n’apparaît généralement qu’à un stade avancé. «C’est ce caractère silencieux qui rend la maladie particulièrement dangereuse. Beaucoup de personnes consultent tardivement, lorsque les lésions sont déjà importantes», explique Dr Mahamat Adam Dicko.
Certaines catégories de personnes sont plus exposées que d’autres. Il s’agit notamment des personnes âgées de plus de 40 ans, de celles ayant des antécédents familiaux de glaucome ou encore de celles présentant des prédispositions génétiques. Les populations africaines sont également considérées comme plus vulnérables à cette pathologie. Face à ces risques, l’ophtalmologue recommande un contrôle régulier de la santé oculaire. «À partir de 40 ans, il est conseillé de faire un bilan ophtalmologique chaque année», insiste le coordonnateur du PNLC. Et d’ajouter que le glaucome est une maladie chronique qui évolue pendant plusieurs années. Lorsqu’elle est détectée tôt, il est possible de ralentir sa progression grâce à des traitements adaptés. Ces traitements reposent généralement sur des collyres à utiliser sur le long terme. Dans certains cas, le recours au laser ou à la chirurgie peut être envisagé pour préserver la vision.
Cependant, Il rappelle que la vision perdue à cause du glaucome est irréversible. «Même avec les technologies médicales les plus avancées, il est impossible de récupérer la vue déjà détruite par la maladie», avertit Dr Mahamat Adam Dicko. Au-delà de l’aspect médical, le glaucome peut aussi avoir des conséquences sociales importantes. Dans certaines familles, les personnes devenues aveugles dépendent de leurs enfants ou petits-enfants pour se déplacer. Ces derniers peuvent être contraints d’abandonner l’école pour les accompagner.
Pour le spécialiste, cette situation fait du glaucome un véritable problème de santé publique, mais aussi un facteur de précarité sociale. D’où, l’importance d’une sensibilisation accrue et d’un dépistage précoce. «Nous disons souvent que la vue, c’est la vie. C’est pourquoi, nous appelons la population à se faire dépister régulièrement, car lorsqu’on consulte trop tard, il n’y a plus beaucoup de solutions», conclut Dr Mahamat Adam Dicko.
Zara Sakawa Abba-Meï












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