Le handball a fait rêver sur les plateaux de l’Institut National de la jeunesse et des sports (INJS) et du lycée Félix Eboué. Cette discipline drainait des foules lors des compétitions provinciales et nationales. Depuis quelques années, elle est tombée dans la léthargie. Le nouvel exécutif de la Fédération tchadienne de handball travaille à redonner à cette discipline sa place.
Dans un entretien exclusif, le secrétaire général de la Fédération tchadienne de handball, Alambatna Hervé, reconnaît un passage à vide tout en affichant la détermination de la fédération à relancer la discipline. «Le handball était une discipline de référence. Nous avons fait parler du Tchad sur le plan international, continental et mondial. Mais comme toute discipline, il y a un temps de gloire et un temps de déclin». Selon lui, l’un des principaux facteurs du ralentissement a été un vide juridique au niveau fédéral, qui a duré plusieurs années et a considérablement freiné les activités nationales. «Lorsqu’au plan national, le handball est touché, sur le plan international également, ça prend un coup».
Depuis août 2025, un nouveau bureau fédéral est en place. Il s’attelle à corriger les dysfonctionnements passés et à redonner une dynamique à la discipline. La Fédération a ainsi pris part au dernier congrès de la Fédération internationale de handball et de la Confédération africaine de handball tenu en décembre 2025 en Égypte. «Cela ne sert à rien d’être une fédération sans partenaires à l’international. Nous avons renoué les contacts afin de donner un coup de pouce à notre handball», relate le secrétaire général.
Des formations sont également prévues, notamment pour l’obtention de la licence D des entraîneurs, sous l’égide de la Fédération internationale de handball. Une formation des arbitres est aussi programmée avec des présélections en vue de compétitions continentales. «Si nous ne sommes pas à jour sur les règles internationales, nous serons à la traîne», souligne -t-il.
Repartir à la base
Au plan national, la stratégie repose sur la formation et la détection des talents. Alambatna Hervé poursuit «qu’il faut repartir à la base. Aller à la conquête des joueurs, des entraîneurs, former à l’école et à l’université. Si nous n’avons pas de relève, le handball va définitivement mourir». La Fédération entend ainsi encourager les centres de formation et d’animation afin de bâtir une base solide pour l’avenir. Autre difficulté majeure est le manque d’installations aux normes internationales. À ce jour, seuls le Stade de Diguel et le Stade olympique Maréchal Idriss Deby Itno, peuvent accueillir des compétitions d’envergure. Ils ont besoin, selon lui, des plateaux de proximité et d’une salle standard pour servir de tremplin aux handballeurs.
Le recul de l’engouement chez les jeunes est également lié au retrait progressif de certains partenaires. Il rapporte que les partenaires viennent quand ils veulent et repartent quand ils veulent. Il n’y a pas toujours un protocole clair qui encadre leur engagement. Pour y remédier, la Fédération multiplie les correspondances aux niveaux national et international, à la recherche de partenaires techniques et financiers. Malgré les difficultés, le secrétaire général se veut optimiste. «2026 sera la meilleure année pour nous. Beaucoup de portes sont en train de s’ouvrir. Les jeunes verront que le handball prend un autre visage et reviendront sur les terrains».
Entre réforme institutionnelle, relance des formations, recherche de partenariats et plaidoyer pour de nouvelles infrastructures, la Fédération tchadienne de handball mise sur une reconstruction progressive. Il reste à transformer ces ambitions en résultats concrets pour que le handball retrouve durablement ses lettres de noblesse.
Man-Ya Allah Gisèle












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