Le ministre de la Santé publique et de la Prévention, Abdelmadjid Abderahim , s’est présenté, le lundi 2 mars 2026, devant l’Assemblée nationale pour clarifier la position du gouvernement sur la situation des patients souffrant d’insuffisance rénale et l’état du service de dialyse au Tchad. Cette séance plénière, dirigée par le président de l’Assemblée nationale, Ali Kolotou Tchaïmi, s’est tenue en présence du secrétaire général adjoint du gouvernement chargé de la Promotion du bilinguisme dans l’Administration et des Relations avec les grandes institutions, Saleh Bourma Ali.
Interpellé par la députée Awatif Eltidjani Ahmed, le ministre a exposé la position du gouvernement face à une pathologie qu’il qualifie de « défi majeur de santé publique » et de menace croissante pour le développement économique du pays. Au cours des échanges, plusieurs préoccupations ont été soulevées par les élus, notamment le nombre exact de patients atteints d’insuffisance rénale, l’insuffisance des machines de dialyse, les pannes récurrentes des équipements, ainsi que le manque de matériel adéquat. Les députés ont également interrogé le membre du gouvernement sur l’existence d’un fonds de garantie, la décentralisation des services de dialyse vers les provinces, l’absence de morgues fonctionnelles dans certains hôpitaux provinciaux, ainsi que le non-respect des rendez-vous médicaux par certains spécialistes. La situation des patients référés dans les Centres hospitaliers universitaires (CHU), dont les chances de survie sont jugées faibles, a aussi été évoquée.
En réponse, le ministre a rappelé que la dialyse constitue un traitement de substitution et de survie, et non un traitement curatif. Selon lui, la meilleure stratégie reste la prévention. « Il faut faire en sorte que la maladie ne survienne pas », a-t-il insisté, mettant l’accent sur la sensibilisation de masse, le dépistage précoce et l’orientation des malades vers les centres de santé. Concernant le manque des services de dialyse en province, le ministre a souligné que le système de santé se construit progressivement et ne se décrète pas. Il a estimé qu’implanter des unités de dialyse dans les 23 provinces sans consolidation préalable des acquis serait une décision irréaliste.
Renforcement des capacités
Le Tchad dispose actuellement de cinq néphrologues, a précisé le ministre, ajoutant qu’une spécialité a été créée pour former localement des médecins. Onze praticiens sont actuellement en formation au Sénégal et au Maroc et devraient contribuer, à leur retour, à la décentralisation progressive du système de santé. Sur les équipements, il a indiqué qu’en 2011, le pays ne disposait que de trois machines de dialyse. Aujourd’hui, quinze sont fonctionnelles, dix sont installées au CHU de la Renaissance et dix autres ont été récemment livrées par l’Égypte. Evoquant l’augmentation récente du taux de mortalité, le ministre a pointé du doigt la sédentarité et le développement des maladies métaboliques, appelant la population à pratiquer régulièrement une activité physique.
Sur le plan médical, le ministre a distingué deux formes d’insuffisance rénale : l’insuffisance rénale aiguë, caractérisée par un arrêt temporaire du rein pouvant être réversible après traitement, et l’insuffisance rénale chronique, marquée par une destruction progressive et irréversible du parenchyme rénal, nécessitant la dialyse lorsque les reins cessent de fonctionner.
Concernant les statistiques, il a annoncé que 135 patients sont actuellement pris en charge, 133 en attente de traitement et un taux de décès estimé à 39,6 %.
Ndomadji Ndodegue












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