La cérémonie de passation de charges au Ministère de la Justice, Garde des Sceaux, chargé des Droits Humains, a marqué un tournant significatif, le mardi 7 avril 2026. Suite au remaniement du gouvernement du 1er avril, Ndoledji Alixe Naïmbaye, prend les rênes de ce département stratégique, succédant au Dr Youssouf Tom, après 13 mois de service.
Dans un discours sans détour, le ministre sortant, Dr Youssouf Tom, a souligné une justice en pleine mutation, tout en admettant la persistance de maux profonds, tels que la complaisance des arrangements et des influences. Le ministre a souligné que la justice ne peut exiger le respect de la loi si elle ne s’impose pas à elle-même une exigence irréprochable d’intégrité. « Toute volonté de remettre l’ordre suscite des résistances », a-t-il admis, reconnaissant que les tentatives de restaurer la rigueur se heurtent à ceux qui se sont accommodés du désordre ambiant.
Le déficit en greffiers reste manifeste dans les juridictions, malgré les efforts de recrutement récents. Si des avancées ont été enregistrées, notamment la libération de 82 prisonniers détenus illégalement à la Maison d’arrêt de Klessoum et l’intégration de nouveaux magistrats en février 2026, les défis pour la ministre entrante, Ndolenodji Alixe Naïmbaye, sont grands, entre autres, poursuivre le travail de remise en ordre et de discipline pour restaurer la confiance du citoyen. La mutation numérique, un processus amorcé en 2022 pour la transparence et la célérité, mais qui reste à finaliser pour rendre les plateformes d’échanges opérationnelles. Le chantier du Palais de justice de N’Djaména et la construction de nouvelles Maisons d’arrêt pour améliorer les conditions de détention, souvent jugées précaires. Le Tchad ayant présidé l’Organisation pour l’Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires (OHADA) en 2025, doit maintenant pérenniser les réformes des textes pour favoriser la justice commerciale.
Les défis pour la nouvelle garde des Sceaux
Ndolenodji Alixe Naïmbaye hérite désormais de plusieurs chantiers en cours qu’elle devra mener à bien pour asseoir la 5e République, notamment finaliser le processus de digitalisation pour garantir la transparence.
Selon la ministre entrante « La justice n’a pas vocation à impressionner, mais à rassurer, elle n’a pas vocation à craindre, mais à protéger », a-t-elle déclaré avec force. Ses priorités reposent sur la protection des plus vulnérables, elle a mis l’accent sur la lutte contre les violences basées sur le genre et la protection des femmes et des enfants. Ndoledji Alixe Naïmbaye entend faire de la prison, un lieu de réinsertion réelle, en améliorant les conditions de détention dans le respect de la dignité humaine. Elle promet une lutte résolue contre la corruption et pour l’éthique professionnelle, affirmant que la justice doit être le « socle de l’Etat de droit ». Elle a appelé à une collaboration franche avec tous les acteurs (avocats, notaires, huissiers), pour que la justice soit une œuvre collective. La passation de charges s’est conclue par la signature du procès-verbal par les deux ministres Dr Youssouf Tom et Ndoledji Alixe Naïmbaye. Si le ministre sortant a rappelé que « gouverner, ce n’est pas plaire à tout le monde », Ndoledji Alixe Naïmbaye, semble prête à assumer cette rigueur, tout en y injectant une dimension humaine et sociale attendue par les justiciables tchadiens.
Dédjébé Gniyei Achta Winnie












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