Société

La friperie : un danger pour la santé ?

Dans les marchés de la capitale N’Djaména, le commerce de vêtements d’occasion, appelé localement «Gondja », est en plein essor. Ce commerce est devenu une composante essentielle de l’activité quotidienne des marchés, mais le débat sanitaire qui suscite une interrogation. Les médecins lancent des avertissements, les vendeurs défendent leur activité et les citoyens réclament des alternatives plus abordables.

Çà et là, les tas de friperie sont étalés à même le sol au marché central. Les clients font le tri et discutent les prix selon la qualité et la valeur de la fripe. El-Hadj Hassan, doyen dans la commercialisation de la friperie invite les clients à venir faire leur premier choix à volonté. Il explique que grâce à la vente de ces ballots de friperies qu’il parvient à prendre en charge sa famille. Ce dernier indique que ses marchandises proviennent de plusieurs pays européens via le port de Douala au Cameroun. Parfois ces friperies arrivent dans un état très sale et usé. « Nous sommes obligés de trier avant de soumettre à la vente.  La vente de la frapperie n’est pas aussi chose aisée », a-t-il dit.

Soumaya Haroun Hisseine, mère de trois enfants, considère les vêtements de seconde main comme une solution indispensable et économique. Elle explique que le prix élevé des vêtements neufs, l’oblige à se tourner vers la friperie pour habiller ses enfants. Pour elle, les vêtements de seconde main sont très utiles tout en prodiguant des conseils aux acheteurs de laver soigneusement à l’eau chaude avant de les utiliser car l’hygiène est primordiale.

La vente de la friperie est lucrative. Des vendeurs, revendeurs et clients trouvent leur compte sans toutefois ignorer les conséquences sanitaires. Granoje nancy, victime d’une maladie de peau causée par sa robe qu’elle avait achetée dans la friperie et portée sans l’avoir bien lavée. « Cette maladie a atteint ma peau, l’ensemble de mon corps. Cela m’a coûté une fortune avant d’être guérie. Désormais, j’ai cessé de porter les fripes ».

Le Dr Alain Djédanoum, dermatologue, fait savoir que certains vêtements importés peuvent contenir des résidus de produits chimiques, de colorants synthétiques et des traces de lessives utilisées par les précédents propriétaires. Il explique qu’il y a de nombreux cas d’infections cutanées, de gale et de mycoses. Ces maladies affirme-t-il, sont dues au port de vêtements de deuxième main sans lavage préalable. Dr Alain Djédanoum souligne également que l’humidité et un stockage inadéquat des vêtements peuvent favoriser la prolifération de moisissures et de bactéries.

Pour lui, des mesures simples permettent de réduire les risques sanitaires, notamment laver soigneusement les vêtements d’occasion avant de les porter, éviter ceux qui dégagent des odeurs désagréables ou présentent des traces de moisissure, et utiliser des désinfectants textiles comme Dettol, Sanitol et de l’eau de Javel pour le linge blanc. Pour les vêtements délicats qui ne supportent pas la chaleur, il recommande de les laver à l’eau froide avec un désinfectant adapté.

Kemnelem Sophie

À propos de l'auteur

ATPE

Ajouter un commentaire

Cliquez ici pour poster un commentaire