Le lait local est un aliment complet aux nombreuses vertus nutritionnelles. Issu de l’élevage des vaches, des chèvres ou encore des chamelles, il constitue une source importante de protéines, de calcium et de vitamines essentielles à la santé humaine.
Au-delà de ses qualités nutritionnelles, la production de lait local contribue au développement économique du pays. Elle permet aux éleveurs de générer des revenus, de créer des emplois et de renforcer la sécurité alimentaire. En privilégiant les produits locaux, les consommateurs soutiennent également les producteurs nationaux et participent à la dynamisation de l’économie locale. Apprécié pour sa fraîcheur et son goût naturel, le lait local peut être consommé tel quel ou transformé en différents produits dérivés tels que le yaourt, le fromage ou le beurre.
À quelques kilomètres de Djermaya, dans le village de Foulga, Mabrouka Ali Ousman en a fait son activité principale. Cette sexagénaire dirige une ferme où elle élève des vaches et des chèvres de différentes races. Selon elle, l’entretien de la ferme représente un investissement important. Elle veille particulièrement à la santé de ses animaux grâce au suivi régulier d’un vétérinaire. La propreté constitue également une priorité. « Il faut régulièrement nettoyer les enclos pour préserver un environnement sain », explique-t-elle.
Aujourd’hui, sa ferme produit environ 28 litres de lait naturel par jour. Une partie de cette production est livrée à des restaurants de la capitale sous forme de lait frais ou de fromage. « J’ai mis en place une petite unité de transformation qui produit du yaourt, du fromage et du beurre, disponibles dans certaines alimentations », indique-t-elle.
Le lait en poudre, un concurrent difficile à détrôner
Mabrouka Ali Ousman constate que de nombreux transformateurs continuent de privilégier le lait en poudre. « Les gens recherchent souvent la facilité. Beaucoup préfèrent utiliser le lait en poudre pour fabriquer du yaourt et d’autres produits dérivés », regrette-t-elle.
Un constat partagé par Youssouf Brémé Abakar, fabricant de yaourts. Celui-ci reconnaît utiliser du lait en poudre dans son activité et justifie ce choix par des contraintes d’approvisionnement. « La disponibilité du lait naturel sur le marché reste le principal problème. Notre entreprise utilise près de 1 000 litres de lait par cycle de production. Où trouver une telle quantité de lait frais de manière régulière », s’interroge-t-il. Selon lui, le lait en poudre présente également des avantages pratiques. Disponible en permanence sur le marché, il est facile à stocker et à conserver. À l’inverse, le lait frais est un produit très périssable qui doit être rapidement transformé ou consommé. Le coût constitue aussi un facteur déterminant. « Le lait en poudre revient moins cher que le lait naturel, qui reste à la fois rare et coûteux », souligne-t-il. Concernant le goût, Youssouf Brémé Abakar estime que la différence est peu perceptible pour la majorité des consommateurs. « Beaucoup préfèrent les yaourts fabriqués à partir du lait en poudre », affirme-t-il.
Rencontrée devant une alimentation de la place, Fatimé Abakar, confirme cette tendance. Pour cette consommatrice, le critère principal reste la qualité gustative du produit. « Je ne cherche pas à savoir d’où vient le lait ni comment il est transformé. Ce qui m’intéresse, c’est le goût de mon yaourt », confie-t-elle.
Saleh Abbo, un autre consommateur, dit également privilégier les produits fabriqués à partir de lait en poudre. Selon lui, le lait frais est difficile à trouver et sa qualité n’est pas toujours garantie. « Certains vendeurs ajoutent de l’eau pour augmenter la quantité. Je préfère le lait en poudre parce que je le considère plus sûr sur le plan sanitaire », explique-t-il. Il pointe également du doigt les conditions d’hygiène dans lesquelles le lait frais est parfois commercialisé, estimant que cet aspect demeure un défi majeur pour le développement de la filière locale.
Malgré ses nombreux atouts, le lait local fait donc face à plusieurs obstacles, notamment en matière de production, de collecte, de conservation et de commercialisation. Des défis qui devront être relevés pour permettre à cette richesse nationale de s’affirmer pleinement sur le marché.
Elhadj Ali Hassan Lalouche












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