Réunis les 28 et 29 mars 2026 au Palais de la Démocratie, les membres du Réseau des parlementaires africains sur les flux financiers illicites (APNIFFT), accompagnés d’experts, ont achevé leurs travaux sur une note de satisfaction. Au terme de cet atelier, les participants ont réaffirmé la nécessité d’un engagement parlementaire accru face aux défis du blanchiment de capitaux, du financement du terrorisme et des mutations technologiques.
Placés sous le thème : « Le rôle des parlementaires dans la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme », les échanges ont abouti à l’adoption de recommandations jugées fortes pour renforcer les mécanismes de prévention, de contrôle et d’encadrement juridique face à ce fléau. Au cours des travaux, plusieurs communications ont été présentées autour de thématiques majeures, notamment l’historique de l’APNIFFT et son rôle dans la lutte contre les flux financiers illicites en Afrique, la contribution des parlementaires et de la société civile, la problématique des flux financiers illicites au Tchad, ainsi que les pistes de collaboration avec les élus pour mieux endiguer ce phénomène.
Prenant la parole à cette occasion, le président de l’APNIFFT de la République centrafricaine, Jean Galvanis, a insisté sur les nouveaux défis auxquels les parlementaires sont confrontés, en particulier ceux liés aux évolutions technologiques. Selon lui, l’intelligence artificielle et la digitalisation des processus de travail bouleversent profondément les méthodes traditionnelles de contrôle et de régulation.
Il a estimé que ces mutations imposent désormais aux parlementaires de s’appuyer davantage sur des agences de contrôle spécialisées et des experts en technologie, afin de mieux comprendre les mécanismes financiers modernes et leurs impacts sur les économies nationales.
Jean Galvanis a également attiré l’attention des participants sur l’émergence de la crypto– monnaie dans les économies africaines. Il a rappelé que la République centrafricaine figure parmi les premiers pays africains à avoir lancé son propre crypto-monnaie, avant que celle-ci ne soit suspendue pour plusieurs raisons. Pour lui, cette évolution illustre la nécessité pour les législateurs d’anticiper les transformations numériques afin d’éviter que ces outils ne deviennent des canaux de fraude, de blanchiment ou de financement d’activités illicites.
«En tant que parlementaires, nous devons anticiper ces mouvements pour pouvoir créer des lois capables d’endiguer les effets pervers de ces technologies », a-t-il souligné.
De son côté, le 5e vice-président de l’Assemblée nationale, Dr Épainete Djangrang Sendé, par ailleurs, président de la section APNIFFT-Tchad, a rappelé l’ampleur des conséquences économiques et sociales des flux financiers illicites. Selon lui, ces pertes représentent des milliards de dollars soustraits aux hôpitaux, aux écoles, aux infrastructures routières et à la sécurité des populations.
Il a également insisté sur la responsabilité des élus, affirmant que le parlementaire ne doit pas être un simple spectateur, mais bien un législateur, un contrôleur et un acteur d’influence dans l’exercice de ses fonctions.
Plus préoccupant encore, a-t-il relevé, dans le contexte sahélien actuel, ces flux servent souvent de source de financement au terrorisme, fragilisant davantage les efforts de stabilité, de développement et de sécurité dans la sous-région. Au terme de l’atelier, les participants ont exprimé leur volonté de renforcer le cadre législatif, d’améliorer les mécanismes de surveillance et d’intensifier la coopération entre institutions nationales, parlementaires et partenaires techniques afin de mieux lutter contre les flux financiers illicites sur le continent.
Ndomadji Ndodegue












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