Le cancer de la prostate: un tueur silencieux

Beaucoup d’hommes aujourd’hui souffrant du cancer de la prostate au Tchad, perdent leur vie à cause de l’ignorance. Le gynécologue obstétricien, Manikassé Palouma  par ailleurs président de la Ligue tchadienne de lutte contre le cancer, met en évidence les facteurs  favorisant le cancer de la prostate.  

Le cancer de la prostate est classé premier cancer masculin qui fait plus de ravage dans le monde. Selon les dernières statistiques, 1, 3 millions auront été  diagnostiqués avec une prévalence de 10 millions qui vivent avec la maladie dont 400 mille décès en 2020.  Le Tchad ne dispose ni un plateau technique pour la prise en charge des personnes atteintes du cancer, ni de données sur les gens souffrant du cancer de la prostate. Alors que cette maladie fait des victimes. « Depuis 2018 que j’ai ouvert ma clinique, je reçois 3 à 4 personnes par jour qui viennent pour la consultation. Plusieurs cas, cas de cancer de la prostate sont signalés », informe Dr Manikassé Palouma, gynécologue obstétricien. Ils sont nombreux, ces hommes qui subissent les affres du cancer de la prostate en silence mais  ne savent pas que c’est cette maladie qui les tue à petit feu.

« 66% de personnes de plus de 60 ans ont le cancer de la prostate dans le monde. Le cancer tue plus que le VIH/SIDA et le paludisme. L’homme qui a le début du cancer de prostate urine régulièrement la nuit, il fait 3 ou 4 fois à la toilette. Il n’arrive pas à vider complètement sa vessie. Cela peut être la dénomme ou le cancer de la prostate. La dénomme de la prostate bloque le passage des urines. Parce que la prostate détruit les cellules de la sortie des urines. Aussi, la personne touchée par le cancer de la prostate ne peut plus uriner à un certain moment.  C’est ce qu’on appelle la rétention urinaire. Il n’urine que du sang. Lorsqu’un homme de plus de 40 ans commence à uriner du sang c’est-à-dire qu’il a le cancer de la prostate, de la vessie ou celui des reins », éclaire Dr Manikassé  Palouma.

Le gynécologue de poursuivre, « autre signe du cancer de la prostate, c’est que la personne atteinte de ce cancer peut avoir des douleurs permanentes. Et le malade va commencer à maigrir. Pour savoir si une personne a un cancer de la prostate, le médecin constate d’abord une anomalie de la prostate, ensuite il va procéder à un test sanguin. C’est la biopsie qui détermine si la personne a un cancer de la prostate.  Cette biopsie ne se fait qu’à l’hôpital de la Référence de N’Djaména.»

Eviter l’alcool et la cigarette

« Le fait de faire les rapports sexuels de manière permanente protège plutôt contre le cancer de la prostate contrairement à ce que les gens pensent ou disent.  Les extrémités sont dangereuses : ne pas faire ou faire beaucoup de rapports.  Il est conseillé que l’on fasse au moins 21 rapports sexuels par mois. Parce qu’une étude canadienne a révélé que ceux qui font plus des rapports sexuels sont moins exposés au cancer de la prostate que ceux qui faisaient moins.  Par ce qu’en éjaculation, vous allez évacuer les substances toxiques », dit le professionnel de santé.

« Le cancer de la prostate commence à partir de 40 ans. Tous les hommes de plus de 40 ans doivent faire le dépistage.  Les produits traditionnels ne sont pas conseillés pour le traitement du cancer de la prostate. Au contraire, les produits traditionnels sont toxiques. Ceux qui prennent ces produits meurent tôt parce que cela va aggraver l’état de leur rein et leur foie.

Le cancer de la prostate survient lorsque vous êtes exposé à des facteurs favorisants tels que la consommation du tabac, l’alcool, l’obésité et l’âge. Les cas des victimes du cancer de la prostate sont pour la plupart les fumeurs de cigarettes et consommateurs d’alcool. Le vieillissement constitue de même un vecteur important. Un autre facteur est aussi héréditaire. Si votre père ou votre parent a un cancer de la prostate, vous êtes aussi exposé. Le cancer de la prostate fait beaucoup de victimes en Afrique puisque le Blanc, lui, connaissant déjà les facteurs de risques, se protège en prenant certaines  précautions », renseigne-t-il.

En guise de conseils, le gynécologue obstétricien demande à tous les hommes de plus de 45 ans de se faire dépister. Si le cancer n’est pas détecté tôt, le traitement deviendra difficile. Et il invite la population d’éviter la consommation abusive de l’alcool et d’arrêter de fumer le tabac. Ne pas manger trop de viande et pratiquer régulièrement le sport.

Kary  Amadou, stagiaire

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