Santé

Lutte contre la drépanocytose : Un appel à la solidarité pour sauver des vies

Le ministère de la Santé publique et de la Prévention, à travers le Centre national de transfusion sanguine (CNTS), a célébré ce vendredi 19 juin 2026 à N’Djamena, la Journée mondiale du donneur de sang couplée à la Journée mondiale de lutte contre la drépanocytose. Placée sous le thème « Une goutte d’humanité : donnez votre sang, sauvez des vies », cette journée permet de sensibiliser la population sur l’importance du don volontaire de sang et sur les défis liés à la prise en charge de la drépanocytose au Tchad.

Dans son allocution, la marraine de DREPANO-TCHAD, Nelly Denembaye, a salué l’engagement des autorités tchadiennes en faveur de la santé, notamment à travers les actions entreprises pour améliorer la prise en charge des malades drépanocytaires. Elle a rappelé que la drépanocytose est désormais considérée comme une priorité de santé publique.
« Un enfant drépanocytaire en crise plus une poche de sang donnée à temps égale une vie sauvée », a-t-elle déclaré, résumant son plaidoyer par la formule symbolique « 1+1=1 ». Selon elle, il est impossible de dissocier la lutte contre la drépanocytose du don de sang, tant les transfusions sont essentielles à la survie de nombreux patients.
La marraine de DREPANO-TCHAD a également lancé un appel en faveur des jeunes drépanocytaires dont les études supérieures sont souvent compromises par les difficultés financières de leurs familles, elle plaide pour une avantage d’opportunités de formation, y compris à l’étranger.

Idriss Youssouf Hissein, technicien supérieur de laboratoire au CHU de la Mère et de l’Enfant est lui-même atteint d’une forme sévère de drépanocytose. Âgé de 26 ans, il a raconté son parcours marqué par des crises douloureuses et de nombreuses transfusions sanguines qui lui ont permis de survivre et poursuivre ses études jusqu’à devenir biologiste. « Je suis biologiste aujourd’hui grâce au sang que des inconnus m’ont donnés quand j’étais en crise. Sans eux, pas de diplôme, pas de moi », a-t-il témoigné avec émotion. Il a ensuite rendu hommage aux donneurs de sang, au Centre national de transfusion sanguine, à ses parents ainsi qu’aux professionnels de santé qui l’accompagnent depuis son enfance. « S’il vous plaît, donnez votre sang. Nous sommes plusieurs dans l’espoir. » conclut-il.

La directrice générale du Centre national de transfusion sanguine, Soureya Zakaria, a dressé un état des lieux de la transfusion sanguine au Tchad. Elle a indiqué que le réseau national de transfusion est passé de 91 unités en 2024 à 110 unités en 2025. Au cours de cette même période, le nombre de poches collectées est passé de 106 938 à 137 587. Malgré cette progression, les besoins du pays demeurent largement supérieurs. L’Organisation mondiale de la Santé estime qu’il faudrait entre 200 000 et 400 000 poches de sang par an pour couvrir les besoins nationaux.

La directrice a souligné plusieurs défis majeurs, notamment la faible proportion des dons volontaires, l’insuffisance des équipements dans plusieurs unités de transfusion à l’intérieur du pays ainsi que les difficultés financières rencontrées par certaines structures hospitalières. Toutefois, elle s’est réjouie de la hausse du nombre de donneurs volontaires. En 2025, le CNTS a collecté 4 391 poches de sang auprès de donneurs volontaires contre 3 010 en 2024, soit une progression du taux de dons volontaires de 8 % à près de 11 %.

La secrétaire général du ministère, Dr toralta Nodjitoloum a officiellement lancé les activités commémoratives de cette édition 2026. Elle a salué les témoignages et les efforts des donneurs volontaires qui contribuent chaque jour à sauver des vies. Selon elle, le thème retenu cette année place l’humanité au cœur de chaque don de sang et rappelle qu’une simple goutte de sang peut représenter l’espoir pour un malade. La secrétaire général a également insisté sur la nécessité de promouvoir une véritable culture du don volontaire et régulier au sein de la population, notamment auprès des jeunes.

Elle souligne que , des milliers de familles vivent quotidiennement avec les conséquences des crises douloureuses, de l’anémie chronique et des complications graves liées à cette pathologie.
Face à cette situation, le gouvernement entend renforcer les actions de prévention, de dépistage précoce et d’accès aux soins, tout en améliorant les capacités des structures sanitaires et l’accessibilité financière des traitements.

Zara Sakawa Abba-meï

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