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Médias : l’AMET renforce les capacités des journalistes en vocabulaire judiciaire

L’Association des Médias en Ligne du Tchad (AMET), en collaboration avec les magistrats tchadiens, a organisé ce lundi 16 février 2026, au CEFOD, un atelier de formation destiné aux journalistes sous le thème « Comprendre l’organisation et les compétences des différentes juridictions ».

Cette session vise à renforcer les capacités des professionnels des médias dans la maîtrise des concepts juridiques et leur utilisation appropriée dans les reportages. Le président de l’AMET, Bello Bakari, a rappelé que cette initiative répond à un besoin réel. « Nous avons constaté que beaucoup d’erreurs relevées dans les articles judiciaires ne relèvent pas de la mauvaise foi, mais d’une méconnaissance des concepts juridiques. À travers cette formation, nous voulons outiller les journalistes pour qu’ils puissent traiter l’information judiciaire avec plus de rigueur et de professionnalisme », a-t-il expliqué.

Selon lui, la finalité de cette démarche est claire : contribuer à l’émergence d’une presse en ligne responsable, crédible et respectueuse des principes de droit. « Nos chemins se croisent inévitablement notamment lorsque l’actualité judiciaire occupe le devant de la scène. Une presse forte est une presse qui maîtrise ses mots.», a-t-il insisté.

Pour la Haute Autorité des Médias et de l’Audiovisuel (HAMA), représentée par sa vice-présidente Eveline Fakir, cette formation est un signal fort envoyé par l’AMET. « L’AMET, à travers cette formation, donne une leçon de maturité malgré son jeune âge », a-t-elle déclaré. Encourageant vivement les médias en ligne pour leur abnégation, elle les a invités à exercer leur métier avec responsabilité et discernement. « Un journaliste qui comprend le droit est un journaliste libre. Libre face aux pressions, libre face aux instrumentalisations, libre face à ses propres préjugés », a-t-elle affirmé. Eveline Fakir a exhorté les participants à suivre la formation avec beaucoup d’intérêt afin de mieux appréhender le vocabulaire juridique. « Il ne faut plus confondre “inculpé” et “prévenu”, “relaxe” et “acquittement”. Chaque mot a un sens, et ce sens engage la vérité judiciaire », a-t-elle souligné.

Exactitude et impartialité

Le ministre de la Justice, garde des Sceaux, chargé des Droits humains, Dr Youssouf Tom, a rappelé aux journalistes la portée de leur mission lorsqu’ils couvrent une affaire judiciaire. « En tant que journaliste, lorsque vous couvrez une affaire judiciaire, vous ne rapportez pas seulement des faits. Vous entrez dans l’intimité de ce processus complexe et délicat. Votre rôle d’intermédiaire est donc empreint d’une responsabilité immense », a-t-il déclaré. Le ministre a insisté sur les principes fondamentaux du métier : l’exactitude et l’impartialité. « Confondre un prévenu et un condamné, une garde à vue et une détention préventive, un appel et un pourvoi en cassation, ce n’est pas seulement commettre une imprécision. C’est potentiellement déformer la réalité d’une situation et porter atteinte aux droits d’une personne », a-t-il averti.

Il a également mis l’accent sur le respect du secret de l’instruction et des délibérations. « Ces règles ne visent pas à cultiver l’opacité, mais à garantir la sérénité des enquêtes et l’indépendance des juges », a-t-il précisé.

Le ministre a, au passage, salué l’initiative de Agence Tchadienne de Presse et d’Édition (ATPE), qui a déjà entrepris des démarches techniques pour assister aux audiences des tribunaux de N’Djamena. Il a invité les autres médias à suivre cet exemple afin de mieux comprendre le fonctionnement concret des juridictions et améliorer la qualité de la couverture judiciaire. Le ministre a salué l’AMET pour son engagement en faveur d’une presse responsable et respectueuse des droits humains.

Man-Ya Allah Gisèle

 

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ATPE

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