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Musée national du Tchad : Face aux défis de valorisation du patrimoine culturel

Berceau de l’humanité grâce à la découverte de Toumaï, le Musée national du Tchad demeure l’un des symboles majeurs du patrimoine culturel tchadien. Mais malgré la richesse de ses collections et son importance scientifique, l’institution fait face à de nombreux défis liés aux infrastructures, à la fréquentation du public et au rapatriement des biens culturels conservés à l’étranger. Le Musée national du Tchad conserve l’un des trésors les plus précieux de l’humanité, “Toumaï”, considéré comme l’un des plus anciens ancêtres de l’homme. Cette découverte exceptionnelle fait du Tchad le véritable berceau de l’humanité et confère au musée une importance scientifique et culturelle majeure.

Malgré cette richesse patrimoniale, le musée fait face à plusieurs difficultés qui freinent son développement et sa fréquentation. Selon le Directeur du Musée National du Tchad,Koumndé Mbaïtoubam, les adultes visitent peu l’établissement, principalement à cause des horaires d’ouverture qui coïncident avec leurs heures de travail, de 7h à 15h.

À cela s’ajoutent des problèmes d’infrastructures. Le musée dispose de peu de salles d’accueil et d’attente alors qu’il reçoit régulièrement un grand nombre d’élèves venus découvrir l’histoire et la culture tchadiennes. Le délestage électrique constitue également un obstacle important au bon déroulement des activités du musée.

Le Directeur a également insisté sur la question des biens culturels tchadiens conservés à l’étranger. Pour lui, ces objets appartiennent au patrimoine national et leur absence représente une perte pour le pays. «Ces biens appartiennent au Tchad. Lorsqu’ils se trouvent à l’extérieur, c’est comme une partie du pays qui est hors de nos frontières », a-t-il déclaré.

Selon lui, le rapatriement de ces œuvres permettrait d’apporter une plus-value aux collections déjà existantes et d’enrichir davantage le patrimoine culturel national. Il précise que le processus de rapatriement est déjà engagé, car ces objets sont uniques et irremplaçables. « Leur retour renforcera la qualité et la quantité des collections du musée », a-t-il affirmé.

Le responsable du musée estime également que le Tchad dispose de suffisamment de professionnels capables d’aménager des espaces adaptés à la conservation de ces objets. Il a d’ailleurs évoqué un projet ambitieux de construction de musées dans toutes les provinces du pays afin de mieux préserver les quelque 9 000 objets du patrimoine culturel tchadien.

Par ailleurs, le Directeur a lancé un appel à la population tchadienne pour qu’elle fréquente davantage le musée. Il rappelle que les objets exposés depuis 1962 ne peuvent être découverts en une seule visite. « Un peuple qui n’a pas de culture est comme un peuple qui n’a pas d’âme », a-t-il souligné. Le musée continue de fidéliser le public scolaire tout en développant des stratégies pour attirer davantage d’adultes et de visiteurs internationaux grâce à des collaborations avec des partenaires diplomatiques. Par ces initiatives, le Musée national du Tchad espère renforcer son rôle de gardien de la mémoire et de l’identité culturelle du pays.

Il faut des moyens pour la conservation

Le Musée national a été créé le 6 octobre 1962. Depuis cette date, il a réalisé de nombreuses collectes d’objets anciens, dont la plus récente a été effectuée sous la direction de l’ancien directeur, Narayam Ndissedibaye, entre 2013 et 2014. Selon lui « le musée regorge des richesses de toutes les communautés tchadiennes ».

Cependant, Narayam Ndissedibaye déplore l’insuffisance d’espace pour la conservation des objets. Il explique que les enjeux liés à la conservation, à la sécurité et à la valorisation du patrimoine concernent à la fois la protection du personnel, des objets conservés et des visiteurs. Il souligne également le manque d’espace de conservation est aggravé par l’insuffisance de salles adaptées et le déficit de personnel qualifié.

« Il y a une insuffisance de ressources humaines, d’espaces d’exposition et de dispositifs de sécurité pour les objets. Il faut sécuriser les pièces dans des vitrines blindées et installer des caméras de surveillance afin de prévenir les vols », a-t-il déclaré.

Pour qu’un musée réponde aux normes internationales, estime-t-il, trois éléments sont indispensables : un personnel qualifié, un bâtiment spacieux et des moyens financiers suffisants pour assurer une meilleure conservation des objets.

De son point de vue, la restitution des objets culturels constitue une fierté nationale, car il s’agit d’une partie du patrimoine culturel emportée à l’étranger et qui doit aujourd’hui être restituée au pays.

Afin de résoudre le problème du manque d’espace, NarayamNdissedibaye propose la formation des ressources humaines, la construction d’un bâtiment capable de contenir l’ensemble des objets conservés ainsi que l’octroi d’un budget de fonctionnement conséquent.

Doukoundjé Caroline et Aminata Abakar Dabirama

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