Beaucoup de tâcherons exerçant des activités libérales sont souvent méconnus du grand public. Nombreux sont ceux qui s’attroupent autour de la Grande Mosquée Roi Fayçal, attendant d’éventuels clients. Grâce à ces divers services, ils parviennent à subvenir à leurs besoins.
Face au manque d’emploi, des techniciens de tout genre et multidisciplinaires appelés tâcherons prennent d’assaut, très tôt le matin, les abords de l’avenue Charles De Gaulle qui sépare le marché central de la Grande Mosquée. Munis de matériels de travail comme les marteaux, pinces, scies, tenailles, ils sont prêts à accomplir différentes tâches. Ils sont maçons, électriciens, menuisiers, plombiers, fossoyeurs, prêts à proposer leurs services. Asngaral Firmin exerce dans ces conditions depuis 3O ans dans une polyvalence totale. Il peut être maçon, électricien, etc. Il se dit satisfait de son statut car, en l’état actuel, il ne peut que se contenter de ce qu’il trouve.
Ce travail nourrit son homme, à entendre ceux qui l’exercent. Pour Ahmat François âgé de 42 ans. « Selon la bonne fortune du jour, il arrive que j’empoche 2.OOO F CFA». Des gains suffisants, d’après lui, pour subvenir aux besoins de sa famille. En plus de la location de la maison, la scolarité de ses enfants, etc, Mbaïam Judas, lui, informe avoir économisé pour acheter un terrain et construire trois chambres au quartier Djineyo, dans le 7eme arrondissement de la ville de N’Djaména.
Parlant de son quotidien, Asngaral Firmin renseigne qu’il est obligé de se réveiller tôt pour se rendre devant la Grande Mosquée. « La chance sourit à ceux qui se réveillent tôt », confie-t-il avec sourire. Dès 5 heures du matin, il prend son vélo et se met en route dans l’espoir de décrocher une prestation auprès d’un client qui veut un travail ponctuel. A la question de savoir s’il ne prend pas des risques en circulant sur la route, il répond qu’il s’en remet à Dieu. Ceux qui n’ont pas un moyen de déplacement, prennent soit le minibus ou marchent pourvu qu’ils arrivent à temps pour dénicher une prestation du matin.
Se mettre à l’abri des pressions
Il est des moments où certains tâcherons tombent sur des mauvais clients. « Nous les rodés, reconnaissons un client à sa tête et refusons systématiquement quand il nous propose de le suivre chez lui ». Pour lui, si l’un d’entre eux se fait gruger, la victime ne peut s’en prendre qu’à elle-même.
Sur les grands chantiers, les accusations de vol ne manquent pas. Aussi, la pression est-elle pesante. Des situations qui, selon Mbaïam Judas, existent certes, dans une proportion négligeable. Pour ces tâcherons, il faut entretenir de bons rapports avec ceux qui sollicitent leurs services. Les cas d’arnaque sont rares, et la rémunération est convenue d’un commun accord avec le client. Si le client est satisfait du travail effectué, il peut chercher à rester en contact avec vous pour d’éventuels travaux domestiques ou même de grands chantiers. A noter que ces tâcherons exercent tous de manière individuelle. « Chacun pour soi, Dieu pour tous », ont-ils souligné unanimement. Ils n’ont ni un syndicat, ni une structure associative quelconque. Ils souhaitent par ailleurs que le gouvernement leur permette d’évoluer dans un cadre légal.
Christian Kodibaye











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